Les ambulanciers de Québec rappellent que le dernier ajout d’ambulances sur les routes date de 2012 et qu’il en faudrait une douzaine de plus dès maintenant pour subvenir aux besoins.

Sortie des ambulanciers: «inappropriée» et «déplorable», dénonce Barrette

Les ambulanciers de Québec ont rapporté dimanche un troisième décès en quatre jours qui s’expliquerait en partie par le manque d’effectifs sur les routes. Échaudé, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qualifie leur «dynamique de relations publiques» d’«inappropriée» et de «déplorable».

Ce nouveau cas rendu public s’est produit dans Beauport. Selon la Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ), un appel est entré à 4h11 dans la nuit de samedi à dimanche «pour s’occuper d’une patiente avec des difficultés respiratoires». Les paramédics les plus proches mangeaient près des Galeries de la Capitale, dans Lebourgneuf, au moment de l’appel. Tous les autres véhicules étaient occupés.  

«Il a fallu 17 minutes aux paramédics pour se rendre […] Pendant le transport, l’état de la patiente s’est dégradé vers un arrêt cardio-respiratoire. Quelques instants plus tard, la patiente est décédée», poursuit le rapport de la FPHQ transmis aux médias.

Les ambulanciers affirment que, s’il y avait eu plus de ressources, le point stratégique de Beauport (rue Clémenceau) aurait sans doute été couvert malgré la pause-repas et qu’une ambulance aurait pu se rendre en «4 à 5 minutes».

Le ministre Gaétan Barrette n’est pas convaincu de l’impact de ce délai. «Il n’y a pas de problème de qualité ni de quantité de service à la population de la Capitale-Nationale. […] En aucun cas il n’est possible de faire un lien entre les protocoles et les décès des patients», a-t-il affirmé dimanche en entrevue au Soleil. «On instrumentalise des situations et on dramatise à des fins de négociations syndicales», a-t-il martelé. Il a aussi fait savoir que la patiente était en soins palliatifs et qu’une infirmière se trouvait avec elle. 

Le politicien s’est dit désolé pour les familles des défunts et a critiqué les méthodes des syndicats ambulanciers. Ils sont selon lui dans une «dynamique de relations publiques que je qualifierais d’inappropriée et de déplorable».

«La tête dans le sable»

Jean-François Gagné, représentant de la Fédération, assure que son organisation se limite «à rapporter des faits» et que ça n’a «rien à voir avec les négociations». Ce dernier accuse le ministre de «se mettre la tête dans le sable» et invite les décideurs à «monter à bord des ambulances» pour voir la réalité sur le terrain. Négociations ou non, le problème serait le même, a-t-il dit.

M. Gagné a aussi expliqué que la médiatisation récente des cas de décès n’a rien d’une stratégie. «Le hasard a fait que cette semaine ça a été marqué. C’est pas nous qui décide du destin.»

Gaétan Barrette, comme il l’a fait jeudi et vendredi, a assuré qu’une révision des besoins était faite de façon périodique et que des ambulances seront ajoutées si nécessaire. Le ministre a lui-même admis jeudi que les analyses en cours tendaient à justifier une augmentation du nombre d’effectifs. Le ministre devrait prendre une décision sous peu.  

Les ambulanciers de la région ont de leur côté rappelé que le dernier ajout d’ambulances date de 2012 et qu’il en faudrait une douzaine de plus dès maintenant pour subvenir aux besoins. La députée péquiste Agnès Maltais s’est rangée de leur côté cette semaine et a déploré que le ministre Barrette ne tienne pas compte du vieillissement de la population et de la congestion sur les routes de Québec.