Après répartition des indécis, le dernier sondage de la maison Mainstreet mesure 35 % d’appuis pour les libéraux de Justin Trudeau, contre 33,2 % pour les conservateurs d’Andrew Scheer.

Sondage Mainstreet: les conservateurs reculent

C’est un peu «par défaut», mais les libéraux fédéraux sont de nouveau en tête des intentions de vote en vue du scrutin de cet automne, d’après un sondage de la maison Mainstreet. Après répartition des indécis, celle-ci mesure 35 % d’appuis pour le parti de Justin Trudeau, contre 33,2 % pour les conservateurs d’Andrew Scheer. L’avance est faible, pour ne pas dire insignifiante d’un point de vue statistique, mais ces résultats viennent confirmer ce que d’autres sondages ont «vu» au cours des dernières semaines.

C’est surtout un recul des conservateurs qui permet au libéraux de reprendre l’avance, analyse le sondeur Luc Fortin, de Mainstreet. «En janvier dernier, le Parti libéral du Canada [PLC] était à 37,2 % d’appuis, et ça a joué pas mal dans ces eaux-là pendant tout l’hiver, alors leurs appuis sont stables, mais ils reviennent en tête parce que les conservateurs ont reculé depuis le mois mars [date du dernier sondage Mainstreet, ndlr]», dit M. Fortin.

C’est surtout l’Ontario qui nuit au parti d’Andrew Scheer, poursuit-il. Dans cette province qui envoie le plus de députés à Ottawa, les libéraux ont triplé leur avance depuis mars, menant maintenant par près de 9 points. De toute évidence, analyse M. Fortin, l’impopularité du gouvernement de Doug Ford déteint sur les conservateurs fédéraux. «Pas moins de 73 % des Ontariens ont une opinion défavorable de lui, c’est du jamais vu pour un premier ministre en fonction. Les conservateurs provinciaux sont troisièmes dans les intentions de vote là-bas, et les sondages donnent les libéraux ontariens en tête, alors qu’ils n’ont même pas de chef et qu’ils n’ont que sept députés.»

Pour le PLC, qui a connu un hiver et un printemps catastrophiques à cause de l’«affaire SNC-Lavalin» et de la démission fracassante de la ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould, ces résultats sont d’autant plus encourageants qu’ils sont cohérents avec ce que d’autres firmes ont mesuré récemment — le dernier «Nanos hebdomadaire», en particulier, place le PLC devant à 35 % contre 30 %. Mais il demeure que pour un gouvernement qui n’a pas une grosse majorité en chambre, «on reste en territoire minoritaire, ici», avertit M. Fortin.

De son côté, le Nouveau Parti démocratique ne semble pas parvenir à freiner sa chute, ne récoltant que 10,4 % de la faveur populaire, sur un pied d’égalité avec les Verts (10,3 %).

Le coup de sonde a été mené du 27 juin au 2 juillet auprès de 2651 Canadiens adultes, ce qui donne une marge d’erreur de ± 1,9 % 19 fois sur 20. La marge d’erreur est toutefois plus grande quand on examine des sous-échantillons régionaux — elle est de ± 3,3 % au Québec.

Petite embellie pour le Bloc

Dans la Belle Province, les troupes de Justin Trudeau mènent par 37 % contre 22 % pour les conservateurs, mais les deux principaux partis ont perdu des plumes au Québec depuis le sondage de mars de Mainstreet — 3,5 % pour les libéraux, et environ 2 points pour les conservateurs. «C’est le Bloc qui fait le plus de gains au Québec, avec 5,8 % de plus par rapport à mars [ndlr : 19,1 % au total]. C’est leur meilleur résultat depuis qu’Yves-François Blanchet est devenu chef. Aujourd’hui, ils ont sensiblement même score qu’à l’élection de 2015, mais ils étaient descendus nettement en dessous avant», fait remarquer M. Fortin.