Québec solidaire propose une assurance dentaire publique pour tous

Québec solidaire veut prendre soin de la bouche des Québécois en s’engageant à régler en grande partie les factures dentaires.

«Aller chez le dentiste ne devrait pas être un luxe», s’exclame Manon Massé, porte-parole de Québec solidaire. Avec son collègue Gabriel Nadeau-Dubois, elle a annoncé à Québec jeudi le deuxième engagement électoral de son parti, en vue des élections du 1er octobre.

D’ici 2022, Québec solidaire compte rembourser 100 % des soins dentaires pour les moins de 18 ans et les personnes bénéficiant de l’aide sociale, de même que 80 % des soins de prévention (nettoyage) et 60 % des soins curatifs (réparation d’une carie, dentiers, couronnes, etc.) chez les adultes. Les soins esthétiques ne seraient pas couverts. 

M. Nadeau-Dubois dit vouloir réparer une «erreur historique»: celle de ne jamais avoir inclus ces soins dans le panier de services de la Régie de l’assurance-maladie du Québec (RAMQ). 

Cette mesure coûterait 950 millions $ par année, mais Québec solidaire croit que le gouvernement économiserait beaucoup, en évitant d’hospitaliser des gens qui se présentent avec un abcès par exemple. Le parti fait valoir qu’un peu plus de 7000 enfants d’âge préscolaire sont hospitalisés chaque année pour des urgences dentaires en lien avec la carie. 

Hygiénistes autonomes

Québec solidaire compte également entreprendre une réforme du code des professions pour permettre aux hygiénistes dentaires de travailler sans être constamment sous la supervision d’un dentiste. Le parti croit qu’elles pourraient ainsi nettoyer des dents dans les CLSC, les CPE et les CHSLD. Ces nouveaux services mettraient fin au «monopole des cabinets privés de dentistes». 

Un tel régime d’assurance publique des soins dentaires impliquerait une négociation avec les dentistes et les hygiénistes pour une table de prix uniforme à la grandeur du Québec. 

Après avoir appelé dans plusieurs cliniques, Québec solidaire a constaté qu’un nettoyage peut coûter 64 $ à Trois-Rivières, mais jusqu’à 190 $ à Montréal. «Quand vous avez la bouche ouverte chez le dentiste, c’est pas le temps de négocier combien ça va vous coûter quand vous allez sortir», illustre Massé. 

Le parti rappelle qu’environ 25 % des Québécois ne vont pas régulièrement chez le dentiste parce qu’ils n’en ont pas les moyens. Mme Massé trouve injuste que la santé dentaire soit liée à «la grosseur du portefeuille». 

Québec solidaire s’est aussi engagé il y a un mois à cesser tout financement public des écoles privées.