L’Association des inspecteurs en bâtiment du Québec cherche à faire encadrer les pratiques principalement pour s’assurer que tous les inspecteurs aient une formation et les compétences adéquates pour exercer la profession.

Québec met de l’ordre dans l’inspection du bâtiment

Le gouvernement Legault déposera mercredi un projet de loi resserrant notamment l’encadrement des inspections en bâtiment. De quoi réjouir l’Association des inspecteurs en bâtiment du Québec (AIBQ) qui milite dans ce dossier depuis 17 ans.

La nouvelle a fait la joie du président de l’AIBQ alors que celui-ci travaille depuis six ans pour obtenir ce resserrement. Son association est d’ailleurs prête depuis un certain temps à faire face à la musique.

«Ça fait des années qu’on est prêt à être encadré sous une forme actuelle, sous une forme de corporation. Nous, tout est là jusque dans les moindres détails», explique Pascal Parent en entrevue au Soleil. Il mentionne que l’AIBQ est calqué sur le modèle d’un ordre professionnel en s’étant notamment dotée d’un syndic.

L’AIBQ cherche à faire encadrer les pratiques d’inspection de bâtiment principalement pour s’assurer que les inspecteurs aient une formation et les compétences adéquates pour exercer la fonction. Actuellement, n’importe qui peut inspecter des propriétés sans avoir reçu de formation à cet effet et rien ne l’en empêche, déplore M. Parent. Il ajoute qu’une uniformité dans les pratiques serait bienvenue.

«C’est sûr qu’on trouve ça poche et plate au bout que nous, on travaille professionnellement, et n’importe qui peut prendre le titre et s’en servir. Deuxièmement, c’est de protéger le public», dit-il

Inspection obligatoire?

À l’époque du gouvernement libéral, Lise Thériault, alors ministre responsable de la Protection des consommateurs et de l’Habitation, avait porté le dossier, mais les élections d’octobre dernier ont fait mourir le projet de loi 401 au feuilleton.

Mme Thériault avait même été jusqu’à proposer de rendre obligatoire l’inspection des propriétés. «Oui, il faut faire quelque chose. Oui, il faut mieux encadrer [ce secteur]. Oui, il faudrait même mettre obligatoire» l’inspection des bâtiments résidentiels pour les acheteurs, disait-elle l’an dernier tout en faisant valoir qu’il fallait «protéger l’investissement des acheteurs d’une maison».

Encore aujourd’hui, Lise Thériault n’en démord pas. «Moi, je pense qu’il faut aller là. Tout ce que j’ai déposé dans le projet de loi 401, alors que j’étais ministre de l’Habitation a une raison d’être pour mieux protéger les gens que ce soit au niveau de la Régie du logement, que ce soit au niveau de l’inspection d’un bâtiment, les règles de copropriété», lance-t-elle avant d’ajouter qu’«on ne pourra qu’applaudir» si le gouvernement va de l’avant en ce sens.

La porte-parole de l’opposition en matière d’habitation ne s’attend à rien de moins que ce qu’elle avait proposé à l’époque dans le projet de loi de la ministre Laforest qui sera déposé mercredi. «Tu ne peux pas aller en bas de ça. C’est une problématique réelle et les gens de l’industrie, les inspecteurs en bâtiment eux-mêmes veulent être encadrés. […] Si on veut éviter toutes les histoires d’horreur qu’on a vues au cours des dernières années, on ne peut pas aller en bas de ce qui a été déposé dans le projet de loi 401», renchérit-elle.

S’exprimant à titre personnel tout en ne sachant pas si cet aspect sera compris dans le projet de loi de la Coalition avenir Québec, Pascal Parent serait pour l’imposition de cette obligation qui «va arriver un jour», selon lui. «Ça éliminerait beaucoup de dossiers qui tombent en procédure légale, parce que justement, les acheteurs ont acheté sans connaissance de cause.»

Le Québec est la première province à avoir demandé une réglementation en la matière et la dernière à la recevoir.