Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney n'obtient un avis favorable que chez 42 % des répondants de sa province.

Popularité: le jour et la nuit entre Legault et Kenney

OTTAWA — C'est le jour et la nuit entre François Legault et Jason Kenney au chapitre de leur popularité personnelle dans leur province respective, si on se fie aux résultats d'un sondage Léger mené pour La Presse canadienne.

D'un côté, 65 % des répondants québécois ont une opinion favorable de leur premier ministre. A contrario, le premier ministre de l'Alberta n'obtient un avis favorable que chez 42 % des répondants de sa province. En fait, 50 % des répondants albertains ont exprimé une opinion négative de leur chef de gouvernement.

Le complice de Jason Kenney dans la lutte contre la taxe sur les émissions de carbone, Scott Moe, obtient un résultat plus encourageant dans sa province de la Saskatchewan. Là, 48 % des répondants ont dit avoir une opinion plutôt positive contre 36 % qui ont exprimé une opinion plutôt négative.

Doug Ford impopulaire

L'Ontarien Doug Ford est fort impopulaire autant dans sa province que dans le reste du pays. Seulement 26 % des répondants ontariens le perçoivent de façon positive. Le pourcentage d'avis défavorables s'élève à 69 %. À l'échelle nationale, ce sont 65 % répondants qui ont exprimé une opinion négative du premier ministre ontarien.

Les premiers ministres provinciaux et territoriaux se rencontreront lundi dans le cadre du Conseil de la fédération. Ils chercheront à mettre au point un plan visant à faire progresser leurs intérêts dans un contexte national.

Jason Kenney et Scott Moe exercent des pressions sur le gouvernement fédéral afin que celui-ci agisse plus fermement pour revitaliser les secteurs pétrolier et gazier, si vitaux dans leurs deux provinces.

Le nombre important d'électeurs insatisfaits de leur premier ministre en Alberta et en Saskatchewan peut inciter ces derniers à «exercer une plus grande pression sur Ottawa pour satisfaire leur propre électorat», dit le vice-président exécutif de Léger, Christian Bourque.

L'impopularité importante de M. Ford explique peut-être son retrait au cours de la récente campagne électorale et sa tentative de se réconcilier avec le premier ministre fédéral Justin Trudeau, avance M. Bourque.

Les prochaines élections ontariennes ne se dérouleront pas avant deux ans et demi.

«La route est encore longue devant lui, mais il lui sera difficile de se rétablir. Le processus sera lent», souligne M. Bourque.

Le sondage a été réalisé du 15 au 25 novembre auprès de 3040 Canadiens admissibles à voter. Ils ont été recrutés au hasard à partir d'un échantillon en ligne.

La firme dit ne pas pouvoir fournir une marge d'erreur pour un échantillonnage réalisé sur Internet. Un échantillon probabiliste de même envergure aurait eu une marge d'erreur de 1,78 point de pourcentage, 19 fois sur 20.

L'avenir de Scheer

Le sondage a aussi porté sur l'avenir politique du chef conservateur Andrew Scheer qui fait face à une grogne importante au sein de son parti après avoir échoué à remporter les dernières élections.

La pente demeure raide pour lui. Moins d'un répondant sur deux (48 %) parmi ceux s'étant identifiés comme conservateurs, sont favorables à ce que M. Scheer reste en place. Maigre consolation : le nombre de ceux qui veulent son départ est encore inférieur (40 %). 12 % des répondants conservateurs n'ont exprimé aucune opinion ou ont refusé de répondre.

«Chaque jour, il devient de plus en plus difficile pour M. Scheer de se maintenir en place», commente M. Bourque.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, ne rencontre pas ce problème au sein de son parti puisque 87 % des répondants se disant néo-démocrates veulent que leur chef reste à son poste.

Il n'y avait pas de données au sujet du chef bloquiste Yves-François Blanchet.