Sondos Lamrhari, une étudiante en techniques policières de 17 ans, a choisi de porter le foulard et souhaite pouvoir le faire même si elle travaille pour un service de police au Québec.

Police et hijab: Couillard à la défense d'une étudiante

Philippe Couillard s’est porté jeudi à la défense de la jeune étudiante en techniques policières qui souhaite exercer sa profession en portant le foulard musulman. Son plaidoyer contraste avec celui des partis d’opposition, qui affirment qu’une agente de la paix ne peut porter un signe religieux.

«De dire à cette femme, "non ton rêve, ça ne sera pas au Québec, va ailleurs", je ne peux pas comprendre ça», a commenté le premier ministre. Il a également mis au défi les chefs du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec à dire «dans les yeux» de l’étudiante qu’elle ne pourra pas devenir policière. 

M. Couillard a d’ailleurs livré un vibrant appui à la jeune femme, qui exprime selon lui son opinion dans un contexte politique sensible à la question. 

Les médias de Québecor rapportaient jeudi qu’une étudiante en techniques policières de 17 ans était prête à tout pour exercer son futur métier au Québec. Sondos Lamrhari, qui est née à Montréal, a choisi de porter le foulard et souhaite pouvoir le faire même si elle travaille pour un service de police au Québec. 

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a toutefois affirmé qu’un gouvernement péquiste interdirait une telle mesure. Il avait un message pour la jeune femme : «si ton rêve, c’est d’être policière, tu as le choix de te conformer au code vestimentaire neutre. Et on t’invite à le faire, parce que je pense que ce serait sûrement une bonne policière. Maintenant, si tu considères que ta foi est tellement importante, bien, c’est le choix que tu fais.»

«Elle doit soit abandonner cette idée de porter le hijab», soit se diriger vers un corps de police qui le permet comme la Gendarmerie royale du Canada, a pour sa part commenté la porte-parole de l’opposition en matière de laïcité, Agnès Maltais. 

La députée de Taschereau a référé au cas de cette jeune femme à Gatineau qui, en octobre 2017, a dénoncé son père qui la battait parce qu’elle retirait son hijab lorsqu’elle quittait le domicile familial. 

«Quelles que soient les aspirations très légitimes de la jeune fille qui veut entrer dans la police, je dis ceci : du côté du Parti québécois nous nous plaçons du côté des victimes potentielles. En ce sens nous conservons notre position», a défendu Agnès Maltais. 

La députée caquiste Geneviève Guilbault a elle aussi affirmé qu’une femme policière souhaitant porter le hijab dans ses fonctions ne pourra pas le faire si son parti prenait le pouvoir en octobre. 

«La position est bien claire : on interdit le port de signes religieux, pas seulement le voile, pour les employés de l’État [en position d’autorité]. Elle peut travailler, à condition de retirer le voile pendant la prestation de services», a dit la députée. Elle a rappelé que son parti s’aligne avec les positions du rapport Bouchard-Taylor. 

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a défendu qu’il n’était pas question pour son gouvernement de «limiter les libertés individuelles» des Québécois, et a rappelé que la loi actuelle permet à un membre d’un service de police de demander un accommodement religieux. 

Plus tôt en journée, des journalistes ont demandé à la ministre si elle pensait que le débat serait le même aujourd’hui si le gouvernement avait décidé d’encadrer le porte de signes religieux par les employés de l’État en position d’autorité. 

«Régler la situation, c’est quoi? C’est de retenir la position des collègues? C’est interdire le port des signes religieux? C’est interdire à cette jeune fille d’aller au bout de ses rêves au Québec?» a répondu la ministre, agacée par la question.