Un certain «air du temps» paraît être du côté de la Coalition avenir Québec. Le guerrier politique qu’a été Pierre Moreau le voit.

Pierre Moreau n’est pas aveugle [ANALYSE]

L’ex-ministre Pierre Moreau n’est pas plus aveugle que n’importe qui : bien sûr, tout est toujours possible dans la vie. Mais de ce que l’on peut voir et entrevoir aujourd’hui, les libéraux ne reprendront pas le pouvoir en 2022. Alors, à quoi bon, pour lui, briguer le titre de chef du Parti libéral du Québec?

Du poste d’observation que l’on peut avoir ces temps-ci, les caquistes de François Legault devraient pouvoir décrocher un deuxième mandat, ce qui les maintiendrait à la tête de l’État québécois jusqu’en 2026. Il existe des tendances qui paraissent lourdes.

Un certain «air du temps» paraît être du côté de la Coalition avenir Québec. Le guerrier politique qu’a été Pierre Moreau le voit.

Lorsqu’il affirme vouloir passer le témoin à une autre génération pour expliquer sa décision de ne pas revenir en «politique active», il exprime certainement un sentiment qui l’habite désormais. Mais l’aurait-il eu si ce que l’on peut décoder de l’échiquier politique actuel et futur avait été différent?

L’aurait-il eu ce sentiment s’il existait une perspective de victoire? Sans doute pas. Il n’a que 61 ans, après tout.

Un révélateur

Le Parti libéral du Québec continue d’avoir des choses à dire. Il a un passé, des valeurs. Mais son horizon ne se débouchera pas nécessairement rapidement — pas après avoir été éjecté d’une bonne partie du Québec francophone comme il l’a été le 1er octobre.

Les retrouvailles avec la majorité francophone seront nécessairement longues. Aussi longues que l’a été sa glissade. Il faudra du temps. Pas mal de temps. Car le 1er octobre a surtout été un révélateur de ce qui couvait depuis longtemps.

De ce point de vue-là, il est vrai qu’un éventuel chef d’une autre génération verra le temps différemment. Dans la course à la direction du Parti libéral du Québec, M. Moreau n’aurait pas été associé au «renouveau», qui plus est. Cela, c’est sans compter le fait qu’il a déjà mordu la poussière dans une précédente compétition du genre.

Pas besoin de l’Assemblée nationale

Quand on peut faire autre chose, comme c’est le cas de l’ex-ministre Pierre Moreau, pourquoi remonter dans un ring où l’on prendra des coups sans réelle perspective de victoire?

Défait dans sa circonscription de Châteauguay il y a moins de trois mois, cet avocat n’a pas besoin de s’accrocher à l’Assemblée nationale pour vivre et exister. Il peut faire bien d’autres choses. Un cabinet d’avocats l’attend.

Il dit aussi vouloir enseigner? Que l’on n’attende pas dans les universités! Pierre Moreau serait un enseignant extraordinaire pour des étudiants. C’est un homme structuré qui a une tête bien faite.