Le pont de Québec

Peinture du pont de Québec: de six à huit fois plus cher pour le Québec

Les demandes de six à huit fois plus élevées du gouvernement fédéral compliqueraient les négociations avec le gouvernement du Québec dans le dossier de la peinture du Pont de Québec.

La question est revenue sur la table jeudi lors de la période de questions à l’Assemblée nationale alors que le député solidaire Sol Zanetti a interpellé le ministre des Transports, François Bonnardel, accusant son gouvernement de ne pas entretenir ni faire des rénovations urgentes sur le Pont de Québec alors qu’il souhaite la réalisation d’un troisième lien entre Québec et Lévis. «Alors c’est quoi le plan? Est-ce que c’est de laisser dépérir le pont pour trouver enfin un argument pour le troisième lien?», a demandé le député de Jean-Lesage.

Qualifiant le Pont de Québec de «deuxième lien extrêmement important pour les automobilistes», M. Bonnardel a d’abord indiqué que la priorité de son gouvernement était l’investissement de 200 millions $ pour le tablier du Pont de Québec avant d’indiquer que les demandes du gouvernement fédéral pour la peinture du pont avaient augmenté de beaucoup en peu de temps. «En 2014, le gouvernement de l’époque avait signé une entente, si je peux le dire ainsi, avec le gouvernement fédéral pour investir à peu près 25 millions $. Cinq ans plus tard, les demandes du fédéral pour peinturer ce pont sont à la hauteur de 150 à 200 millions $», a dévoilé Bonnardel.

Priorité

«Alors vous comprendrez que pour nous, la sécurité est importante. Ce pont est sécuritaire. Pour nous, ce tablier qu’on doit refaire est important et on va se concentrer présentement, avec nos négociations avec le fédéral, pour le tramway de Québec. C’est notre priorité», a-t-il ajouté.

Plus tard, le ministre des Transports a répété que les demandes d’Ottawa pour la peinture du Pont de Québec étaient trop élevées. «Ce que le fédéral nous demande aujourd’hui, c’est 150 à 200 millions $. C’est une somme extrêmement importante. On doit investir avant toute chose 200 millions $ sur le tablier du pont. C’est là-dessus qu’on va se concentrer et sur nos négociations pour le tramway de Québec.»

Rapprocher Québec et Ottawa

Pendant ce temps, le ministre de la Famille et député de Québec Jean-Yves Duclos se donne comme mission de rapprocher Québec et Ottawa dans le dossier du Pont de Québec. 

Estimant que son gouvernement a fait un bon bout de chemin pour ramener le CN autour de la table dans ce dossier, il affirme maintenant vouloir «resserrer les liens» avec le gouvernement du Québec. «Là, on veut mettre tout le monde autour de la même table. Le Pont, ça fait partie des enjeux que l’on veut régler», a déclaré M. Duclos en marge du Rendez-vous annuel des gens d’affaires au Centre de foire sans toutefois donner d’échéancier. 

«Il faut mettre un terme à cette situation désagréable et la solution passera nécessairement par une collaboration entre Ottawa et Québec», a-t-il poursuivi, estimant être «près d’un accord» avec le CN, qui est propriétaire du pont. 

«Et on a besoin de resserrer les liens entre Québec et Ottawa pour sceller cette ouverture du CN», a conclu M. Duclos.