Passage remarqué pour Justin Trudeau lors de sa visite à Québec cette semaine.

Oui au train à grande fréquence, dit Trudeau

Sans présumer du résultat des études en cours, le premier ministre Justin Trudeau se dit favorable au projet de train à grande fréquence (TGF) de Via Rail, qui relierait la ville de Québec au triangle Montréal, Ottawa et Toronto. «On sait que c’est bon pour la société, pour l’environnement et pour la croissance économique. C’est le genre d’investissement auquel les gens s’attendent» a déclaré M. Trudeau au cours d’une entrevue avec Le Soleil pour les journaux de Groupe Capitales Médias.

Rappelant que son gouvernement a déjà annoncé 3,6 millions $ dans le budget de 2016 pour étudier ce projet, le premier ministre a précisé que le travail a atteint une étape importante : «Maintenant, nous sommes en phase de développer le projet d’affaires, pour voir de façon beaucoup plus concrète de quoi ça aura l’air».

Le projet TGF de Via Rail propose de relier Toronto, Ottawa, Montréal et Québec avec de nouveaux wagons et un réseau ferroviaire uniquement consacré au transport des voyageurs. Actuellement, ce transport emprunte le parcours des trains de marchandises du CNCP, ce qui prolonge la durée des voyages en raison des nombreux arrêts imposés par la rencontre des trains de marchandises. Un réseau ferroviaire consacré uniquement aux voyageurs réduirait considérablement la durée des parcours, et serait beaucoup moins cher à construire qu’un réseau de trains à grande vitesse (TGV) comme en Europe ou en Asie. Le gouvernement de l’Ontario estime cependant que le parcours de la Ville Reine vers Windsor et le sud-ouest de la province, beaucoup plus peuplé, pourrait justifier un TGV. Aucune décision n’a été prise.

Se coordonner avec le REM

M. Trudeau est tout de même très optimiste sur le TGF : «Je pense que ça va être possible, a-t-il déclaré. Quand on voit que 2017 a été l’année la plus achalandée de son histoire pour Via Rail, on constate qu’il y a un appétit pour des alternatives, un appétit pour ne pas être pogné dans le trafic pendant longtemps, comme c’est le cas actuellement».

L’une des contraintes identifiées dans la faisabilité de ce projet est le fait que le train en provenance de Québec passerait sur la rive nord et devrait emprunter le tunnel sous le Mont-Royal pour atteindre la gare centrale. Or, c’est également le trajet prévu pour les trains du Réseau Électrique Métropolitain (REM) piloté par la Caisse de dépôt et auquel Québec et Ottawa ont donné leur aval et garanti leur participation financière. «Il va falloir qu’on s’assure que ça va être compatible avec le REM à Montréal. On est en train de travailler là-dessus», a dit le premier ministre.

Via Rail et le gouvernement du Québec sont bien conscients qu’à défaut de pouvoir utiliser le tunnel sous le Mont-Royal, les passagers des trains à grande fréquence en direction ou en provenance de Québec devraient effectuer un transfert sur le réseau métropolitain, ce qui nuirait à l’achalandage. Les études portent donc notamment sur la possibilité de coordonner les horaires du REM et de Via Rail pour utiliser le même tunnel, ce qui n’est pas simple.

Pourrait-on élargir le tunnel? «C’est justement une chose qu’on est en train de regarder, et je pense que non. Mais il faudrait qu’on se coordonne bien avec le REM» a dit M. Trudeau.

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CE QU'IL A DIT SUR...

La situation des femmes : «Il y a 25 ans, à McGill, j’étais un des seuls membres masculins du centre des étudiants contre les agressions sexuelles. Et je passais mon temps à parler aux résidents, aux fraternités, aux équipes de sport pour contrer la violence faite aux femmes, pour contrer les attitudes. Malheureusement, 25 ans plus tard, il n’y a pas beaucoup de choses qui ont changé.»

La décision sur le cannabis : «J’ai toujours été contre la décriminalisation et je me disais que j’étais aussi contre la légalisation. Deux dames sont venues me voir, quand j’étais député, vers 2009, pour me dire qu’elles craignaient pour leurs enfants et qu’elles appuyaient la légalisation. J’ai dit que je ne comprenais pas et que j’étais contre la décriminalisation. Elles m’ont dit que si on traitait la "mari" comme l’alcool, par exemple, on allait contrôler les points de vente, assurer l’identification de ceux qui consomment, enlever l’élément criminel, et mieux protéger nos jeunes.»

Les transports en commun : «Je comprends qu’à Québec, la mentalité puisse être un peu différente. Ce que je dis aux gens, c’est que s’ils ne veulent pas prendre l’autobus et qu’ils veulent absolument rester dans leur voiture, mais que leur voisin prend l’autobus ou les transports collectifs, ça fait une voiture de moins sur la route et moins d’achalandage pour les automobilistes. Alors, investir dans les transports en commun, ce n’est pas bon uniquement pour ceux qui les prennent, c’est bon pour tout le monde.»

Les changements climatiques au G7 : «Au Canada, nous allons atteindre nos cibles de réduction des gaz à effets de serre. J’en suis convaincu. On vit déjà les problèmes liés aux changements climatiques. Les gens vont chercher des solutions. Si le Canada peut démontrer que ces solutions vont créer de la croissance économique dans les décennies à venir et qu’on partage ça avec les autres par notre leadership, nous aurons des impacts positifs.»

Les populations autochtones : «Un exemple : d’abord éliminer les avis d’ébullition à long terme qui existent dans bien des réserves et bien des communautés à travers le pays. Ça prend des investissements en infrastructures, en gouvernance, en formation et c’est un exemple très concret des changements qu’on doit faire».