Où est François Legault?

DÉCODAGE / Où est François Legault? La question peut paraître cruelle, car le chef de la Coalition avenir Québec n’est quand même pas absent de l’arène politique. Il est présent aux périodes des questions. Il annonce des candidatures. Il prononce des allocutions, comme à la Chambre de commerce de Lévis, jeudi. Il accorde parfois (mais vraiment parfois) des entrevues.

Mais c’est aussi ce que font ses principaux adversaires, le chef libéral Philippe Couillard et le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

Contrairement à eux, toutefois, le chef caquiste évite le plus possible les mêlées de presse à l’Assemblée nationale.

François Legault cherche le plus possible à ne pas s’exposer. Normal, s’agissant d’un chef en avance dans les intentions de vote. Tout comme il est normal, il est vrai, que ceux qui sont derrière lui cherchent à multiplier les prises de parole — quitte à prendre des risques.

Dans l’entourage du chef caquiste, on fera valoir que M. Legault ne fuit pas les mêlées de presse à l’Assemblée nationale; on plaidera qu’il s’agit d’une stratégie visant à mettre à l’avant-scène l’«équipe» — les Jean-­François Roberge, Simon Jolin-Barrette, François Bonnardel, etc.

Chose certaine, cette situation agace très sérieusement et de plus en plus les libéraux et les péquistes.

Dès le lendemain!

Ce qui agace aussi les libéraux et les péquistes — sur un tout autre plan et pour des raisons opposées — est l’incompréhensible volonté du premier ministre canadien de croiser le fer avec les provinces souhaitant interdire la production de quatre plants de marijuana à domicile.

La dernière sortie de Justin Trudeau est survenue le lendemain même de la présentation par le ministre Jean-Marc Fournier de son plan d’action découlant de sa politique d’affirmation…

Ce qui est désespérant pour le Parti québécois avec ces bras de fer Québec-Ottawa est qu’ils ne se traduisent plus depuis fort longtemps par des appuis à la souveraineté. La preuve que le faible appui que cette option recueille a très peu à voir avec la déliquescence du Bloc québécois.

Khadir, un gentleman

Amir Khadir ne sera pas passé inaperçu à l’Assemblée nationale. Il la quittera comme il y est entré : par une charge à fond de train contre le capitalisme. C’est ce qu’il a fait mercredi lors de l’étude des crédits du ministère de l’Économie. Il voulait signer le moment.

Quoi qu’ils pensent de ses idées, ses adversaires politiques au parlement le décrivent comme un gentle­man. C’est ce qu’il est derrière ses coups de gueule.

L’obscène député Yves St-Denis est probablement un des rares élus du Salon bleu à ne pas l’apprécier — ce que l’on peut considérer comme un honneur pour M. Khadir.

Crédits budgétaires : encore raté!

Nota bene : ce dernier segment reproduit des paragraphes d’article rédigés par l’auteur de ces lignes ces dernières années. Pourquoi? Pour démontrer qu’une situation n’ayant aucun sens perdure. Elle concerne l’exercice dit d’«étude des crédits budgétaires», qui vient de se conclure.

Pendant 200 heures, les parlementaires devaient passer au crible des dizaines de milliards de dollars que l’État alloue à ses programmes et missions. Or, encore une fois, ils ont surtout fait autre chose.

Comme d’habitude, ils ont transposé à ces séances les polémiques des périodes des questions. L’«étude des crédits» devrait pourtant être un moment privilégié de reddition de comptes.

Cet exercice devrait permettre de savoir si tel ou tel budget sert bel et bien les objectifs poursuivis; de savoir combien tel programme devait aider de personnes, par exemple. De savoir combien il en aide finalement. Et s’il les aide vraiment.

Pour cela, il faudrait que les élus puissent s’appuyer sur des analyses de performance des missions et des programmes de l’État, non? Or, celles-ci n’existent à peu près pas. Tout le monde passe alors, année après année, à côté de l’essentiel.