Le parti de Jean-François Lisée conclut que «le Québec est très mal servi par le gouvernement fédéral en électrification des transports» et que le gouvernement Couillard a échoué à défendre les intérêts du Québec.

Ottawa doit faire plus pour l’électrification des transports, dit le PQ

Le gouvernement fédéral doit en faire plus pour l’électrification des transports au Québec. C’est ce que réclame l’opposition péquiste à la veille du dépôt du budget du gouvernement Trudeau prévu mardi.

Dans un communiqué, le Parti québécois (PQ) énonce certaines des revendications qu’il adressera au fédéral au cours d’une conférence de presse prévue lundi avec le porte-parole du parti en matière de finances, Nicolas Marceau.

Traditionnellement, les partis d’opposition fédéraux dressent une liste d’épicerie pendant la période de confection du budget, mais il arrive que les partis représentés à l’Assemblée nationale formulent aussi leurs demandes à Ottawa.

Le PQ exige que le gouvernement Trudeau mette en place un rabais pour l’achat de véhicules électriques, à l’instar de ce que fait déjà le Québec.

La formation s'affirmant souverainiste réclame également «la juste part du Québec» des fonds fédéraux visant l’installation de bornes électriques de recharge rapide, en fonction de la proportion des ventes de voitures électriques faites au Canada.

Le PQ fait valoir que seulement 9% du financement fédéral des bornes revient au Québec, alors que pratiquement la moitié des ventes d’autos électriques sont au Québec.

Il souligne aussi que l’Assemblée nationale a adopté une motion en novembre dernier, demandant au gouvernement fédéral «une part des investissements du programme d’installation de bornes de recharge rapide pour véhicules électriques égale à la part québécoise des ventes de véhicules électriques au Canada».

Enfin, l’opposition officielle péquiste exige «la juste part du Québec» pour le Fonds fédéral d’innovation du secteur automobile (FISA).

Le Québec n’a pas reçu un sou de ce programme qui est allé à 100% à l’Ontario, soit 570 millions $ à date sur un total prévu de 1,25 milliard $ d’ici à 2021, dénonce le PQ. Le parti demande des modifications aux modalités du FISA «pour les adapter aux entreprises innovantes du Québec».

Le parti de Jean-François Lisée conclut que «le Québec est très mal servi par le gouvernement fédéral en électrification des transports» et que le gouvernement Couillard a échoué à défendre les intérêts du Québec en matière d’électrification des transports.

Réduire les GES 

L’électrification des transports est un des volets importants des stratégies de réduction des gaz à effet de serre (GES) des gouvernements, car les transports constituent une part importante des émissions de GES des États signataires de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.

En 2017, l’Ontario a ravi pour la première fois au Québec le titre de la province où il s’est vendu le plus de véhicules électriques en une année. Selon les données compilées par Fleet Carma, 7477 véhicules hybrides rechargeables et entièrement électriques ont été vendus en Ontario, comparativement à 7149 véhicules au Québec.

Ce sont les rabais plus généreux offerts par l’Ontario (jusqu’à 14 000 $) et l’installation d’un plus grand nombre de stations de recharge qui ont aidé la province à effectuer son rattrapage.

Le Québec compte toujours le pourcentage le plus élevé de véhicules électriques vendus, soit 2,2% de tous les véhicules pour l’année, suivi de la Colombie-Britannique à 1,9% et de l’Ontario à 1,6%.

Le Québec a mis en place la seule loi, au Canada, qui exigera l’atteinte d’un certain seuil de ventes pour les véhicules électriques à compter de l’année-modèle 2018. Les ventes de véhicules électriques devront atteindre cette année 3,5% des ventes de véhicules légers, une cible qui augmentera progressivement jusqu’à 15,5% en 2025.

Au total, un nombre quasi-record de 18 564 véhicules électriques ont été vendus au Canada l’an dernier, un chiffre en hausse de 68% par rapport à 2016. Près de 48 000 véhicules électriques sillonnaient les routes du Canada l’an dernier, alors qu’on en comptait 29 000 en 2016.