Ce premier de trois débats entre Guy Nantel, Paul St-Pierre Plamondon, Frédéric Bastien et Sylvain Gaudreault se tenait à Granby.
Ce premier de trois débats entre Guy Nantel, Paul St-Pierre Plamondon, Frédéric Bastien et Sylvain Gaudreault se tenait à Granby.

Nantel vise Gaudreault dans le premier débat du PQ

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Comme Sylvain Gaudreault arrive en tête des sondages auprès des membres pour devenir le prochain chef du Parti québécois, Guy Nantel n’a pas manqué de lui rappeler son manque de notoriété dans la population en général, mercredi soir, lors du premier débat entre les candidats à la direction du parti.

«Tu as fait le tour du Québec cet été, on a vu ça. Mais il y avait huit personnes sur tes photos! Je peux les imprimer et te les apporter au prochain débat, si tu veux», a lancé M. Nantel à M. Gaudreault, lors de l’échange le plus corsé survenu à la fin d’un exercice somme toute poli.

Ce premier de trois débats entre MM. Gaudreault, Nantel, Frédéric Bastien et Paul St-Pierre Plamondon se tenait à Granby, dans un studio de Globe Multimédias. En mode COVID-19, avec sur place seulement les candidats, un attaché de presse chacun et l’équipe technique. Par contre, pas un mot dans les débats sur la pandémie.

L’heure quarante de discussions était diffusée en direct sur les plateformes électroniques. Les thèmes portaient sur la souveraineté, les relations avec les autochtones et l’éducation. Une conférence de presse virtuelle a suivi les affrontements.

«J’aime la joute orale, c’est dans ma nature. Dans un débat à la chefferie, les militants comprennent le jeu et c’est important de gagner son point. J’ai la répartie facile et le sens du punch. C’est mon métier. Je crois que les militants apprécient ce spectacle-là et j’ai l’impression d’avoir gagné le débat», a résumé l’humoriste Nantel, seul des quatre à se dire vainqueur de la soirée.

La notoriété, pas une compétence

Il affirme néanmoins que «la notoriété n’est pas une compétence». «Je n’ai jamais dit de voter pour moi parce que je suis connu, au contraire. Je ne me suis jamais assis là-dessus. J’avais fait mes devoirs, je m’étais préparé en conséquence et j’ai réussi à placer mes propositions», poursuit M. Nantel, ajoutant qu’un talent de débatteur lors d’une course à la chefferie se traduit inévitablement dans une élection générale.

M. Nantel s’est dit en mesure de ramener au Parti québécois les souverainistes perdus aux mains de la Coalition avenir Québec.


« Tu as fait le tour du Québec cet été, on a vu ça. Mais il y avait huit personnes sur tes photos! Je peux les imprimer et te les apporter au prochain débat, si tu veux »
Guy Nantel s'adressant à Sylvain Gaudreault

Seul élu du groupe et député de Jonquière depuis 13 ans, M. Gaudreault n’a pas pris ombrage des attaques adverses, notant toutefois que le format ne permettait pas d’aller au fond des choses».

Il estime avoir prouvé pouvoir devenir chef du parti, premier ministre et chef du camp du oui lors du prochain référendum. Dont il n’a pas été tant question, mais davantage du comment ça allait se passer au sein d’un Québec souverain, bien sûr premier objectif commun des candidats et de tous les péquistes.

M. Gaudreault a quand même souligné la faisabilité de plusieurs éléments de son plan «dès le lendemain de mon élection comme chef, le 10 octobre».

PSPP se dit plus rassembleur

Le duel entre MM. Gaudreault et Nantel a plutôt servi M. St-Pierre Plamondon, selon ce dernier.

«En 2016, Martine Ouellet aussi avait tendance à s’autoproclamer gagnante après les débats», a laissé tomber le jeune avocat, envoyant un crochet à son rival Nantel.

St-Pierre Plamondon est le seul des quatre à avoir déjà pris part à une course à la chefferie. Il avait fini quatrième derrière Jean-François Lisée, Alexandre Cloutier et Mme Ouellet.

La bataille entre ses deux rivaux a montré «le caractère chicanier du parti. Et c’était un débat acrimonieux sur des détails», regrette-t-il. «C’est que je me distingue comme rassembleur. Ce n’était pas une mauvaise chose pour moi, cet échange-là. […] Ça montre aussi quel style les militants veulent pour le débat des chefs de 2022. Ça va ensemble.»

Comme un repêchage de hockey

Même si c’est Nantel l’humoriste, l’enseignant en histoire Bastien s’est permis une petite imitation de Jean Chrétien.

«Nos vrais ennemis, ce sont les fédéraux et je suis certain qu’ils n’ont aucune envie que ce soit Frédéric Bastien qui devienne chef», a-t-il déclaré en cours de route, plus sérieusement.

Au terme, il a comparé le débat à un repêchage de hockey. «Toutes les équipes sont convaincues d’avoir choisi les bons joueurs. Mais seul le temps va nous le dire», a illustré M. Bastien.

Il en a par ailleurs surpris d’aucuns en vantant le passé colonial de la France en lien avec les autochtones, passé de partenariat «dont on doit être fiers».

Guy Nantel était le seul des quatre à ne pas porter la cravate.

Le débat était animé par l’ancienne présidente du PQ, Gabrielle Lemieux.

Autres débats

Deux autres débats virtuels sont prévus : le 8 septembre sur l’équité et la justice, l’autre le 22 septembre, sur le nationalisme et la protection de l’environnement et du territoire.

Le tout de nouveau diffusé en ligne au pq.org/endirect ou sur la chaîne YouTube du parti.

L’élection du nouveau chef et successeur de Jean-François Lisée se fera le 9 octobre.