Maintenant que le Québec n’est plus dans le rouge, les villes demandent à la Coalition avenir Québec de leur transférer l’équivalent d’un point de pourcentage de la TVQ, soit 1,7 milliard $, explique le président de l’UMQ, Alexandre Cusson.

L’UMQ attend sa part des surplus

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) hausse le ton face au gouvernement du Québec. Pas question d’accepter un pacte fiscal négocié à rabais, au moment où le gouvernement «nage dans les surplus», avertit son président Alexandre Cusson.

Il y a quatre ans, alors que le Québec traversait une période d’austérité, les municipalités avaient accepté de signer un pacte fiscal moins généreux. «On a laissé (aller) 888 millions $ au moment où Québec était dans le rouge», explique M. Cusson en entrevue au Soleil. Les villes veulent maintenant récupérer leurs billes et demandent à la Coalition avenir Québec (CAQ) de leur transférer l’équivalent d’un point de pourcentage de la TVQ, soit 1,7 milliard $. 

En campagne électorale l’an dernier, la CAQ s’était engagée à le faire. Mais dans les négociations actuelles avec la ministre des Affaires municipales Andrée Laforest, les deux parties ne s’entendent pas sur les mêmes chiffres. Un écart important, de centaines de millions de dollars, les séparent. 

M. Cusson explique que les municipalités ont accepté de réviser leurs demandes en juillet dernier, mais depuis, aucune rencontre entre élus n’a eu lieu, alors que tous souhaitent renouveler ce pacte fiscal d’ici le 30 septembre. «Quand ça allait mal, on nous a trouvés. Maintenant, on a perdu notre numéro de téléphone», déplore-t-il. 

Le président de l’UMQ rappelle aux députés de la CAQ réunis en caucus jusqu’à vendredi qu’ils étaient nombreux à critiquer l’ancien pacte fiscal en 2015. «Ils ont l’occasion de corriger une erreur du gouvernement précédent. Un mauvais pacte, avaient-ils dit, du gouvernement précédent.»

Pas «en chicane»

S’il n’est pas «en chicane» avec la ministre, M. Cusson espère qu’elle comprendra que les villes doivent absolument être moins dépendantes des taxes foncières dans l’avenir. C’est pourquoi elles demandent que leur financement provienne en partie de la TVQ, qui est liée à la consommation des Québécois. 

«Si la croissance économique dans le dernier siècle a été beaucoup basée sur le bâti, ce n’est plus la réalité», indique M. Cusson. Le Conference Board du Canada estime par exemple que les mises en chantier vont diminuer de moitié au cours des 15 prochaines années. Pour le budget des municipalités, un tel ralentissement de la construction d’édifices peut faire très mal. 

En tournée provinciale pour parler du pacte fiscal, M. Cusson rencontrera la Chambre de commerce de Québec jeudi. Une réunion extraordinaire du conseil d’administration de l’UMQ aura lieu vendredi à Québec pour préparer le plan de match des prochaines semaines de négociation avec le gouvernement.