Sympathisant de Québec solidaire depuis quelques années, l’ex-skinhead néonazi Maxime Fiset cherchait le bon moment pour faire de la politique, et pense l’avoir trouvé.

L’ex-skinhead néonazi Maxime Fiset veut être candidat de Québec solidaire dans Jean-Talon

L’ex-skinhead néonazi Maxime Fiset se lance en politique. Celui qui lutte maintenant contre la radicalisation veut être candidat à l’investiture pour Québec solidaire (QS) à l’élection partielle de Jean-Talon, à Québec.

«Mon groupe de skinhead, ça s’appelait le Sainte-Foy Krew. Alors si quelqu’un à quelque part peut aller réparer les niaiseries qu’on a faites dans Sainte-Foy, c’est bien moi», lance-t-il en entrevue au Soleil.

Sympathisant de Québec solidaire depuis quelques années, M. Fiset cherchait le bon moment pour faire de la politique, et pense l’avoir trouvé. «La politique, c’est un projet, un rêve que j’ai toujours eu. Là, il y a une circonscription qui est disponible à Québec. Je me suis dit : “Pourquoi pas!”»

C’est la démission du député libéral Sébastien Proulx, annoncée à la fin août, qui provoque cette élection partielle dans Jean-Talon, dont la date reste à être précisée. Chez Québec solidaire, quelques mains se sont déjà levées en vue de l’investiture. Le militant Cedrik Verreault, qui étudie à l’Université Laval, a fait savoir la semaine dernière qu’il serait sur les rangs. 

Prématuré

Le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois croit qu’il est «prématuré» de commenter de possibles candidatures dans Jean-Talon. «Le processus formel d’investiture n’est même pas encore ouvert. On a vu passer des intentions de plusieurs personnes sur les médias sociaux, mais est-ce que ces gens-là vont se présenter formellement? Il y aura des étapes à franchir.»

M. Nadeau-Dubois précise que M. Fiset est membre en règle du parti, si bien qu’il a le droit de se présenter comme candidat. Le choix final incombera toutefois aux militants. 

Reste que le nombre de mains levées montre «qu’il y a une ébullition» autour de cette élection partielle, évalue M. Nadeau-Dubois. «On est convaincus qu’on peut gagner la circonscription de Jean-Talon. On va mener une grosse campagne, on va mettre toute l’énergie, toutes les ressources pour l’emporter.»

M. Fiset raconte que c’est en croisant la députée solidaire de Taschereau Catherine Dorion, lors de la représentation d’une pièce de théâtre, qu’elle lui a donné l’idée de se présenter dans Jean-Talon. «Elle a juste mis l’idée dans ma tête. Ça veut pas dire qu’elle m’appuie publiquement», commente-t-il. 

Habitant la circonscription de Taschereau pour le moment, M. Fiset a été très actif à dénoncer le racisme et l’extrême droite après l’attentat à la Grande Mosquée de Québec, en 2017. 

Il a l’intention de faire de l’inclusion sociale son thème politique chouchou, même s’il a quitté son emploi de chargé de projet au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence et qu’il se cherche pour le moment un autre emploi. «C’est sûr et certain que le dossier de l’extrême droite n’est pas un dossier fermé pour moi.»

Selon lui, Québec solidaire «a des chances» de faire élire un troisième député à Québec, après Catherine Dorion et Sol Zanetti, qui ont réussi les premières percées à l’automne 2018. «Sainte-Foy, c’est un quartier qui a une forte diversité culturelle et une grande population étudiante. Ce sont deux forces de Québec solidaire», évalue M. Fiset. 

Mais la lutte avec la Coalition avenir Québec risque d’être forte. Aux élections générales du 1er octobre 2018, la candidate caquiste Joëlle Boutin était arrivée tout juste derrière le libéral Sébastien Proulx, avec 28 % des voix. Patrick Provost, de QS avait quant à lui récolté 19 % des appuis.