Il s'agira du premier congrès conservateur depuis l'élection d'Andrew Scheer à la tête du parti, l'an dernier.

Les yeux se tourneront vers Scheer à l'occasion du congrès conservateur

OTTAWA — Le chef du Parti conservateur Andrew Scheer tentera cette semaine de mettre de côté les querelles internes à l'occasion du congrès national qui se déroulera de jeudi à samedi à Halifax.

Il s'agira du premier congrès conservateur depuis l'élection de M. Scheer à la tête du parti, l'an dernier.

Les frasques du député québécois Maxime Bernier ont causé la semaine dernière bien des maux de tête à la direction du parti. Plusieurs membres du caucus conservateur, dont le chef, ont dénoncé les propos de l'élu de la Beauce voulant que la trop grande promotion du multiculturalisme et de la diversité soit néfaste pour le pays. La réaction a été si forte que plusieurs observateurs se sont demandé si M. Bernier sera expulsé du caucus.

M. Scheer a refusé de commenter «ces questions internes». Toutefois, il ne pourra pas éviter les discussions entre les membres du parti à l'occasion du congrès.

La direction du parti espérait profiter de la tribune offerte par le congrès pour présenter certaines idées politiques de M. Scheer en vue de la campagne électorale de 2019, selon des sources conservatrices. Le chef doit prononcer un discours vendredi soir.

Mais le dernier éclat de Maxime Bernier menace de faire dévier le message que veut formuler M. Scheer, ce qui ne pourrait que profiter aux libéraux, selon le stratège conservateur Tim Powers.

«Ce congrès ne peut devenir la prochaine grosse explosion d'Halifax», a-t-il lancé, faisant référence à la catastrophe ayant ravagé la ville en 1917, tuant environ 2000 personnes.

«Beaucoup de gens voudront essayer de comprendre ce qui se passe avec M. Bernier. Ils veulent connaître les impacts que cela aura sur l'unité et l'avenir du parti. Le défi pour M. Scheer et de son équipe sera de démontrer que le parti est prêt à concurrencer les libéraux», a-t-il ajouté.

Il ne s'agit pas simplement d'un conflit de personnalités entre deux anciens rivaux de la course à la direction du parti. Certains conservateurs souhaitent condamner les libéraux qui s'autodésignent comme des apôtres de la vertu, souligne la commentatrice conservatrice Alise Mills.

Cette frustration à l'égard de Justin Trudeau explique les raisons pour lesquelles les micromessages de Maxime Bernier ont trouvé écho chez de nombreux conservateurs, soutient-elle.

Des débats animés

Les conservateurs n'ont pas besoin de Maxime Bernier pour susciter la controverse. Les membres devront se prononcer sur plusieurs dizaines de résolutions au cours du congrès. Plusieurs d'entre elles promettent des débats animés.

Ainsi, une résolution propose de supprimer la gestion de l'offre en produits agricoles, une éternelle épine dans le camp conservateur qui peut de nouveau souligner la rivalité Scheer-Bernier.

D'autres résolutions traitent de la réglementation sur l'avortement, de l'abrogation de loi sur l'identité de genre ou de la nécessité de modifier le libellé de l'article du programme du parti portant sur l'égalité des femmes.

Le parti a approuvé pas moins de 74 résolutions qui seront examinées par les congressistes divisés en trois ateliers. Ceux-ci en sélectionneront chacun une dizaine pour les présenter à l'ensemble des membres.

Un stratège conservateur, Jason Lietaer, fait le pari que les divisions internes seront apaisées pendant le congrès.

Selon lui, ce rassemblement contribuera à lancer en douceur la campagne électorale en vue du scrutin de 2019.

«Il s'agit d'une sorte de préparation électorale. Les gens pourront observer M. Scheer et le jauger, a dit M. Lietaer. La plupart des membres veulent, comme moi, voir une bonne performance du chef. Ils veulent savoir si celui-ci sera concurrentiel. Ils veulent savoir s'il aura une chance de gagner les prochaines élections.»