Les parlementaires divisés sur le projet de loi sur la PCU pour étudiants

OTTAWA - Une querelle entre parlementaires risque de retarder l’adoption du projet de loi qui met en place la prestation canadienne d’urgence pour étudiants.

Les députés devaient étudier, mercredi, ce projet de loi. Cette PCUE assurerait 1250 $ par mois, pendant quatre mois, de mai à août, aux étudiants qui ne trouvent pas d’emploi d’été.

Il faut unanimité des parlementaires pour une adoption le jour même du projet de loi. Or, les élus ne s’entendent pas sur la dernière version proposée par le gouvernement.

Cette version serait, selon les bloquistes, trop influencée par les demandes des conservateurs qui veulent refuser la prestation aux étudiants qui n’accepteraient pas des emplois disponibles.

«Il y a incitation et incitation», a protesté le chef bloquiste Yves-François Blanchet en point de presse, mercredi matin, reprochant à certains de vouloir «réduire les étudiants à l’état de marchandise».

Chez les néo-démocrates, on exige seulement que la prestation consentie aux étudiants ayant des personnes à charge ou ayant un handicap soit de 2000 $ comme la PCU régulière plutôt que les 1750 $ prévus.

Le chef du Nouveau parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, n’est pas d’accord avec les «barrières» à l’accès de la PCUE que veulent ériger les conservateurs, mais il est prêt à les subir.

«Notre enjeu primordial est le montant. Et si le montant est réglé, on est prêt à aller de l’avant», a offert M. Singh à son point de presse matinal.

Déjà conservateurs et bloquistes se sont inquiétés de voir la PCUE pousser les étudiants à ne pas travailler alors que certains secteurs, comme l’agriculture, craignent un manque de main-d’oeuvre cet été.

Cependant, M. Blanchet estime que les conservateurs veulent aller trop loin dans l’imposition d’incitatifs au travail des étudiants.

«On a peut-être atteint la limite de notre capacité d’improvisation dans l’urgence», a dit M. Blanchet de cette impasse, la première, dans laquelle se retrouve une mesure d’aide fédérale pour répondre à la crise provoquée par la pandémie de la COVID-19.

Le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) dénonçait, lui aussi, mercredi, le discours autour de la PCU pour étudiants.

«On assiste à une montée d’un discours conservateur, voulant que les programmes gouvernementaux agissent comme un désincitatif au travail», se désole le CNC dans un communiqué émis mercredi matin.

Le conseil rappelle que beaucoup de secteurs de l’économie continueront à être à l’arrêt pour une longue période, comme les secteurs culturels et sportifs, et estime que les occasions d’emploi d’été pour les étudiants seront «grandement limitées».