Le premier ministre Justin Trudeau et le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, entourent la nouvelle membre libérale du parlement Jean Yip dans la Chambre des communes, lundi.

Les parlementaires canadiens unis contre la haine

Les parlementaires canadiens ont tous condamné à la Chambre des communes la haine qui a motivé l’attentat à la Grande Mosquée de Québec, mais seuls les libéraux et les néo-démocrates ont fait référence à un geste guidé par l’islamophobie.

Le premier ministre Justin Trudeau a nommé deux fois plutôt qu’une le nom des victimes de cet attentat survenu le 29 janvier 2017. «Ces six personnes sont mortes sous les balles de l’ignorance et de la haine, aux mains de l’islamophobie et du racisme», a-t-il déclaré à Ottawa.

M. Trudeau croit que dans les jours qui ont suivi ces événements, les Canadiens se sont «montrés à la hauteur» des valeurs qui les animent, soit l’amour et la compassion. «Nous nous sommes montrés sous notre meilleur jour, malgré la noirceur.»

Le premier ministre croit que «cette attaque visait à diviser le pays», et il a appelé les citoyens à rester unis et à continuer de dénoncer les crimes haineux. «Dressons-nous contre l’islamophobie et toute forme de discrimination.»

Le député néo-démocrate Guy Caron a rappelé qu’aujourd’hui, «17 enfants sont orphelins à cause de la haine». Tout comme pour la tuerie de Polytechnique survenue en 1989, «il y a maintenant un avant et un après mosquée de Québec», croit-il. 

M. Caron déplore qu’un an après la tuerie, «les gestes haineux n’ont pas cessé, surtout en ligne et dans les médias sociaux». Selon lui, «nous devons nous engager à lutter contre l’islamophobie». «On ne va pas s’habituer, on ne va pas fermer les yeux.»

Condamnant lui aussi un «acte de terreur» et un «crime haineux qui a pris six vies», le chef conservateur Andrew Scheer a souligné que «les Canadiens doivent se sentir libres de pratiquer leur religion» et que «la communauté musulmane fait partie intégrante de la société canadienne.»

«Soyons plus attentifs, aimons-nous davantage», a quant à lui déclaré Xavier Barsalou Duval, du Bloc québécois. 

Rappelons que le gouvernement Trudeau n’a toujours pas dit oui ou non à la demande du Conseil national des musulmans canadiens, de créer une Journée nationale contre l’islamophobie, le 29 janvier. 

Cette demande avait créé des remous politiques en début d’année. Au Québec, les caquistes, les péquistes et les libéraux se sont positionnés contre l’instauration d’une telle journée, en raison du mot islamophobie, dont la définition peut être large. 

Les conservateurs fédéraux ont quant à eux proposé d’instaurer une journée contre la violence antireligieuse.