Les ministres respecteront les engagements du Plan de protection du caribou forestier

Les ministres du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MDDELCC), et de la Forêt, Faune et Parcs (MFFP), ajoutent leur voix à celle du premier ministre pour garantir que Québec respectera ses engagements internationaux en matière de protection du territoire ainsi que la protection du caribou forestier tout en maintenant le niveau des emplois dans l’industrie forestière du Québec.

Les ministres sectoriels Isabelle Melançon, à l’Environnement, et Luc Blanchette, à la Forêt, ont rappelé ces engagements et la volonté du gouvernement du Québec de réussir à soustraire des portions importantes de la forêt boréale continue (ce qui comprend la forêt boréale sous aménagement), sans provoquer de perte d’emplois.

Depuis le début de ce débat qui oppose les environnementalistes et les communautés forestières, le gouvernement libéral de Philippe Couillard a toujours maintenu qu’il ferait le choix des emplois au détriment du caribou et, depuis vendredi, au détriment des aires protégées. Par contre, le gouvernement n’a jamais pris d’engagement ferme sur le maintien de la possibilité forestière à son niveau actuel (5,7 millions de mètres cubes de résineux pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean le premier janvier 2018 et pour cinq ans).

« Nous voulons doter le Québec d’un réseau d’aires protégées plus étendu, intégré, de qualité et répondant aux aspirations de tous. Pour y arriver, nous croyons qu’il nous faut promouvoir une solidarité collective à l’égard des aires protégées chez les citoyennes et citoyens ainsi que chez les responsables du développement et de la gestion des ressources et du territoire, » a déclaré la ministre Melançon dans un communiqué émis vendredi matin.

Elle ajoute que « cette solidarité sous-entend la consultation active des principaux acteurs de la région concernée, au Saguenay–Lac-Saint-Jean comme partout ailleurs au Québec. C’est ensemble que nous pourrons garantir aux générations actuelles et futures un réseau d’aires protégées qui contribuera à la préservation de la biodiversité et duquel elles seront fières. »

« Les Québécoises et Québécois s’attendent à ce que le gouvernement gère efficacement leur territoire forestier. Ce secteur est majeur pour l’économie de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean et nous ne ferons pas de compromis sur le dos des travailleuses et travailleurs de l’industrie. Il est possible d’arriver à des solutions intégrées qui permettent le développement du secteur forestier tout en respectant les piliers du développement durable et les préoccupations des populations locales », a de son côté fait valoir son collègue Luc Blanchette.

Malgré les demandes répétées du Progrès, le gouvernement du Québec refuse toujours de dévoiler les impacts de ces deux grandes opérations de désignation territoriale (aire protégée, caribou forestier) sur la possibilité forestière qui est à la base de l’activité économique de cette industrie.

Consultations
Le gouvernement du Québec devra identifier au moins 4 % de la superficie de la forêt boréale sous aménagement de la région pour en arriver à 12 % comme le stipule son scénario sur les aires protégées. Il s’agit d’un 4 % additionnel à la réserve de biodiversité projetée des Caribous-Forestiers-de-Manouane-Manicouagan.

Le gouvernement du Québec a initié des consultations sur la politique de foresterie intensive. Cette stratégie consisterait à pratiquer une foresterie intensive sur 205 % du territoire forestier actuellement sous aménagement. Cette stratégie sera vraisemblablement utilisée par Québec pour maintenir sa possibilité forestière au lendemain de la création des aires protégées et de la mise en place de la stratégie du caribou forestier.

Les groupes environnementaux Greenpeace, Action boréale et la Société pour la nature et les parcs (SNAP), ont fait connaître leur opposition à cette stratégie. Ils plaident le maintien de la biodiversité.