Les membres de la Coalition avenir Québec (CAQ) réunis en conseil général à Montréal en fin de semaine ont voté pour l’imposition d’une consigne sur les bouteilles d’eau.

Les militants caquistes votent pour une consigne sur les bouteilles d’eau

Les quelque 1200 membres de la Coalition avenir Québec (CAQ) réunis en conseil général à Montréal en fin de semaine ont voté pour l’imposition d’une consigne sur les bouteilles d’eau.

Ils ont cependant rejeté l’idée d’imposer une consigne sur toutes les bouteilles de plastique comme les détergents ou le savon à vaisselle ainsi que sur les bouteilles de verre.

Ce conseil général, le premier de la CAQ depuis son arrivée au pouvoir, porte précisément sur l’environnement - le talon d’Achille de la formation de François Legault.

Samedi, le premier ministre a exclu d’imposer des «péages» ou des «taxes nouvelles» pour décourager les comportements polluants, par exemple en ciblant les automobilistes.

«On s’est engagés à ce qu’il n’y ait aucune nouvelle taxe, aucun péage qui soit augmenté de plus que l’inflation», a-t-il déclaré aux journalistes, en disant ressentir une «urgence pragmatique».

Il a ajouté n’avoir aucune intention de se transformer en «petit bonhomme vert».

M. Legault a par ailleurs refusé de rencontrer de jeunes écologistes qui manifestaient à l’extérieur de la Plaza Centre-Ville, dépêchant plutôt son ministre de l’Environnement, Benoit Charette.

À l’intérieur, les caquistes ont adopté toutes les 32 résolutions proposées, au grand dam de certains climato-sceptiques.

«Cela vaut-il la peine de dilapider notre argent pour subventionner des groupes verts et faire la guerre contre les voitures à combustion, donc s’attaquer à notre liberté et notre style de vie, pour quelque chose qui ne donnera aucun résultat? a demandé un militant. Le Québec ne sauvera pas la planète», a-t-il dit.

Un autre militant lui a répondu: «Est-ce qu’on peut vraiment prendre le risque de ne rien faire contre le réchauffement climatique? Parce que s’il existe, ça vaut la peine de se battre contre les gaz à effet de serre; s’il n’existe pas, peut-être vaut-il mieux être prudents.»

Après des débats parfois tendus, les caquistes ont finalement adopté la résolution proposant «d’imposer des redevances et une consigne sur les bouteilles d’eau afin de réduire progressivement leur utilisation», mais ont rejeté un amendement qui aurait inclus toutes les bouteilles de plastique. Ils ont également battu un amendement qui demandait au gouvernement d’imposer une consigne sur les bouteilles de verre.

Parmi les 32 résolutions adoptées, notons également:

- la mise en oeuvre d’un plan de retrait du plastique à usage unique;

- la mise en place des mesures pour lutter contre le suremballage;

- l’augmentation significative du recyclage du verre;

- la réduction de l’utilisation de pesticides en milieu agricole et urbain;

- l’utilisation d’un autre produit que le sel sur la voirie;

- l’accroissement significatif de l’offre, de la qualité et de l’utilisation du transport collectif

Les résolutions adoptées en conseil général ne sont pas contraignantes pour le gouvernement.

Verdir son image

Par ailleurs, la CAQ a déployé samedi plusieurs efforts pour tenter de verdir son image. Elle a distribué aux participants un programme de résolutions fait de papier recyclé, installé des bacs de recyclage un peu partout dans la salle et banni les verres et les ustensiles en plastique le temps du conseil général.

Elle a aussi annoncé que son évènement était carboneutre, c’est-à-dire que des arbres seront plantés pour compenser les déplacements des participants.

Arborant un macaron «J’aime mon premier ministre», le metteur en scène et écologiste Dominic Champagne avait été pour sa part invité à donner une conférence sur les bouleversements climatiques.

Aux journalistes, il a confié ne pas se bercer d’illusions. «Je pense qu’on va nous servir beaucoup de tartes aux pommes aujourd’hui, et qui est contre la tarte aux pommes? Je m’en viens aussi relayer le même message qu’on relaye depuis la sortie du rapport du GIEC, il faut réduire de moitié nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, et on attend un plan.»

Le metteur en scène a invité M. Legault à faire preuve de «cohérence». Le premier ministre a continué samedi de défendre le projet GNL Québec, qui vise la construction d’une usine de gaz naturel liquéfié à Saguenay.

Selon M. Legault, ce projet qui exporterait du gaz liquide vers l’Europe pour remplacer l’énergie produite avec du charbon est «une bonne nouvelle pour l’environnement».

«La CAQ n’est pas au service de groupes de pression, elle est au service de l’ensemble des Québécois», a-t-il déclaré.