Pierre Paradis n’aura pas à payer une sanction de 25 000 $ pour mauvaise utilisation des fonds publics.

Les libéraux se rangent derrière Pierre Paradis

Les députés du Parti libéral se rangent derrière leur ex-collègue Pierre Paradis et éviteront de lui faire payer une sanction de 25 000 $ pour mauvaise utilisation des fonds publics. Une décision qui illustre le manque d’éthique des libéraux, croit l’opposition.

Le vote sur le dossier de Pierre Paradis est prévu jeudi à l’Assemblée nationale, mais déjà, le leader du gouvernement libéral Jean-Marc Fournier a annoncé que son parti n’appuiera pas les conclusions de la Commissaire à l’éthique Ariane Mignolet.

Le ministre Fournier s’appuie sur un avis juridique externe de MRobert De Blois pour expliquer sa décision. «Nous allons éviter de commettre un geste qui ne serait pas juste», exprime-t-il. 

En congé de maladie depuis plusieurs mois, l’indépendant Pierre Paradis n’a pu se déplacer à l’Assemblée nationale mercredi, mais a présenté une défense écrite des faits qui lui sont reprochés. 

Il dit avoir subi une enquête de la part de MMignolet dont les conclusions semblaient «déterminées d’avance». Il croit que les allégations d’agression sexuelle, qui n’ont donné lieu à aucune accusation, tout comme la plainte concernant son logement, proviennent de la même femme, qui aurait eu l’intention de lui nuire et de compromettre son rôle de ministre de l’Agriculture. 

Dans sa lettre, M. Paradis plaide qu’il avait le droit de partager son logement payé par des fonds publics avec sa famille. Le tout s’est fait «à l’intérieur des allocations permises et sans coût additionnel pour les contribuables». 

M. Paradis indique même que la commissaire Mignolet lui aurait confirmé en cours d’enquête qu’il n’aurait pas été blâmé s’il avait plutôt partagé un logement avec une maîtresse. «Bref, remplacez «fille, petite-fille et gendre» par «maîtresse» et la situation aurait été régularisée», déplore M. Paradis. 

Geste grave

Pour la Coalition avenir Québec (CAQ), les libéraux s’apprêtent à poser un geste grave, sans précédent, qui risque de miner la confiance en la commissaire Mignolet. «On le voit, les libéraux sont prêts à tout pour protéger la clique libérale. C’est la clique avant l’éthique», déplore le chef François Legault. 

M. Legault rappelle que la CAQ n’a pas hésité à blâmer le député Claude Surprenant, un ex-collègue, en suivant les recommandations de la commissaire à l’éthique. «À partir du moment où on se donne des règles puis qu’on se donne un arbitre pour évaluer si les règles sont suivies, bien il faut écouter l’arbitre.»

«À la première occasion, les libéraux défendent un comportement condamnable et condamné d’un des leurs», commente pour sa part le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée. 

Selon lui, M. Paradis devait savoir qu’il était «en train de franchir les bornes», en déclarant un loyer plus important que le coût de l’hypothèque de sa fille et de son gendre. «Je pense que les libéraux terminent ce mandat comme ils l’ont commencé : avec l’absence d’une boussole éthique.»

Québec solidaire, le PQ et la CAQ ont indiqué qu’ils voteront pour la sanction de 25 000 $, mais ce ne sera pas suffisant pour qu’elle s’applique, car elle droit être approuvée par le deux tiers des élus de l’Assemblée nationale.