«Il n’y a pas de milieu qui soit exempt de ce genre de comportement et de propos» vexant à caractère sexuel, a commenté lundi la ministre de la Condition féminine, Hélène David.

Les élus réagissent au sondage sur l’inconduite sexuelle à l’Assemblée nationale

QUÉBEC — Les parlementaires québécois ont fait le constat, lundi, que l’Assemblée nationale était un milieu de travail comme un autre, susceptible d’être le théâtre de toutes sortes de manifestations d’inconduite sexuelle.

Députés et ministres ont été invités lundi à réagir aux résultats d’un sondage mené par La Presse canadienne auprès des élues, en vue de savoir dans quelle mesure, selon leur expérience, l’inconduite sexuelle était un phénomène répandu dans le milieu politique.

Au total, 24 élues, soit 18 députées et six ministres, ont participé au sondage dont les résultats ont été publiés dimanche.

Il en est ressorti, notamment, que près des deux tiers des répondantes (63 %) affirmaient avoir subi une ou plusieurs formes d’inconduite sexuelle, souvent à répétition, dans l’exercice de leurs fonctions d’élues: commentaires ou gestes déplacés, voire harcèlement sexuel.

Lundi, certaines élues croisées à l’Assemblée nationale se sont montrées surprises de l’ampleur du phénomène. Toutes ont indiqué que la réponse des parlementaires faisait la démonstration que l’Assemblée nationale n’était pas un milieu de travail plus à l’abri qu’un autre de ce genre de conduite répréhensible.

«Il n’y a pas de milieu qui soit exempt de ce genre de comportement et de propos» vexant à caractère sexuel, a commenté brièvement la ministre de la Condition féminine, Hélène David.

Elle a dit que l’important, pour les victimes, c’était d’agir, de parler haut et fort. Ce problème touche tout le monde, dans tous les milieux de travail, a-t-elle dit.

Une culture à changer

Il y a une culture à changer, a-t-elle ajouté, se disant d’avis que quelque chose d’important était en train de se passer en ce domaine depuis quelques semaines.

Un forum sur les violences sexuelles doit avoir lieu avant la fin du mois, a aussi rappelé la ministre, misant sur le dialogue pour trouver des solutions.

La députée péquiste Catherine Fournier, porte-parole en matière de condition féminine, a soutenu de son côté que les résultats du sondage confirmaient que le problème de l’inconduite sexuelle touchait «toutes les femmes au Québec».

«Les élues ne sont pas à l’abri», a-t-elle ajouté, convaincue que la société québécoise devait «prendre vraiment au sérieux cet enjeu».

Elle a invité les victimes à dénoncer leur agresseur.

La députée libérale de Richmond, Karine Vallières, a dit elle aussi que les femmes, élues ou pas, ne voulaient plus vivre ce genre de situations. «On ne veut plus faire semblant que ça n’existe pas», a-t-elle ajouté.

La députée libérale Rita De Santis a fait valoir que chaque femme avait «une histoire à raconter», en la matière.

Selon elle, «la plupart de nous ont été harcelées sexuellement plusieurs fois», à divers degrés. Elle encourage elle aussi les victimes à porter plainte.

Le ministre des Transports, André Fortin, a commenté lui aussi les résultats du sondage pour rappeler la responsabilité des hommes de se comporter de manière respectueuse envers leurs collègues féminines, en tous lieux et en tout temps.

«C’est un travail qu’on a comme homme de s’assurer qu’en toutes circonstances on respecte les femmes dans leur milieu de travail et ailleurs», a-t-il dit, lors d’un bref point de presse, en marge de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres.