Le parlement d'Ottawa

Les conservateurs forcent un marathon parlementaire à Ottawa

OTTAWA — Une stratégie parlementaire des députés de l’opposition du Parti conservateur (PC) a forcé les députés fédéraux à passer la nuit de vendredi à la Chambre des communes.

La tactique dilatoire des conservateurs consiste à forcer depuis jeudi midi le vote sur plus de 250 motions. Cette stratégie parlementaire, appelée filibuster, pourrait durer une quarantaine d’heures, selon l’opposition officielle.

Les conservateurs ont lancé cette stratégie après que les députés de la majorité du Parti libéral (PLC) aient rejeté une de leurs motions. Celle-ci exigeait que Daniel Jean, le conseiller à la sécurité nationale et au renseignement auprès du premier ministre pour le bureau du Conseil privé, témoigne devant les membres du comité parlementaire de la sécurité publique et nationale.

Le critique du Parti conservateur en matière d’Affaires étrangères, Erin O’Toole, affirme que Daniel Jean doit s’expliquer devant le comité sur les informations qu’il a transmises aux journalistes pendant le récent voyage du premier ministre en Inde.

M. Jean avait laissé entendre que des factions au sein du gouvernement de l’Inde avaient pu saboter le voyage de M. Trudeau qui a été politiquement très difficile. Cette théorie a été rapidement niée et dénoncée par le gouvernement indien.

En raison du filibuster, d’importantes réclamations de temps supplémentaire seront réclamées par des employés de la Chambre des communes qui doivent rester sur place en raison de la présence continuelle des députés. Parmi ces employés figurent les préposés à la sécurité, à la cafétéria, au transport, à la traduction, à l’entretien et aux services techniques.

De plus, certains députés et ministres ont dû renoncer à des engagements. Par exemple, le ministre des Transports, Marc Garneau, ne pourra prononcer vendredi matin une allocution prévue à Lac-Mégantic dans le cadre d’un colloque sur la sécurité ferroviaire organisé par la Fédération québécoise des municipalités.

En 2011, un filibuster provoqué par le Nouveau Parti démocratique (NPD) contre le gouvernement conservateur de l’époque avait duré 58 heures. Le gouvernement Harper, à ce moment-là, avait d’abord calculé que la manoeuvre coûtait 50 000$ par heure aux contribuables, avant de remettre en question ce calcul.