Après l’assermentation des 73 députés de son parti, le chef de la Coalition avenir Québec et premier ministre désigné, François Legault, formera son conseil des ministres jeudi.

Legault invite ses députés à parler au nom de chaque citoyen

Au terme de l’assermentation de ses 73 députés, le premier ministre désigné, François Legault, les a invités à s’élever au-dessus des joutes partisanes.

Le plus beau titre est celui de député et il s’accompagne de responsabilités, leur a dit M. Legault à l’issue de la cérémonie qui s’est déroulée mardi après-midi à l’Assemblée nationale.

Chacun doit parler «au nom de chaque citoyen» de sa circonscription, y compris au nom des électeurs ayant préféré un autre parti, a-t-il insisté avant de donner l’exemple qui est et qui sera le sien.

«Je parle au nom des enfants, au nom des aînés, des familles, des gens seuls, des malades, des plus démunis de ma circonscription. Et, comme vous, désormais, je parle aussi au nom des électeurs péquistes, libéraux, solidaires, qui n’ont pas voté pour moi.»

«Ça nous oblige à nous élever au-dessus des considérations partisanes, dans l’intérêt supérieur du Québec et de nos concitoyens», a encore déclaré le premier ministre, qui formera son conseil des ministres jeudi.

En point de presse, peu après, le député de Beauce-Sud, Samuel Poulin, a souligné qu’il fallait un «changement de ton» à l’Assemblée nationale. Il a dit avoir «bon espoir» qu’avec tous les nouveaux députés, les femmes et les jeunes qui ont été élus, «cette fois-ci sera la bonne». «On ne marche pas dans les mêmes pas que tout le monde», croit-il.

M. Poulin aimerait que tous les partis puissent, par exemple, travailler en collaboration à la rédaction de projets de loi.

Reconnaître ses erreurs

Dans son allocution, François Legault a aussi invité ses députés à reconnaître leurs erreurs lorsqu’ils en commettront. Il a rappelé qu’il l’a lui-même fait durant la campagne électorale. «Les Québécois ne s’attendent pas à ce que l’on soit parfait», a-t-il soutenu.

Lors du débat télévisé des chefs sur les ondes de TVA, M. Legault s’était livré à un mea culpa. «Je ne suis pas parfait. Ça m’arrive de faire des erreurs», avait lancé le chef caquiste en faisant référence aux réponses inexactes qu’il avait données quelques jours plus tôt sur l’immigration. «J’écoute les gens et je corrige mes erreurs», avait-il affirmé.

Hommage aux adéquistes

Le premier ministre a chaleureusement salué les quatre députés caquistes qui ont déjà été élus sous la bannière adéquiste, Éric Caire, François Bonnardel, Marc Picard et Sébastien Schneeberger. Un peu plus tôt, M. Caire avait rendu hommage au fondateur de l’Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont. La Coalition avenir Québec a succédé à l’ADQ en 2011-2012.

À ce moment-là, François Legault lançait souvent : «On verra». Aujourd’hui, «on voit», s’est-il réjoui en embrassant du regard ses 73 députés.  Avec Patricia Cloutier

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TROISIÈME LIEN: LA CAQ NE BRONCHE PAS

Même si la Ville de Québec a commandé une étude qui établit que les étapes préalables à la construction d’un troisième lien entre Québec et Lévis prendront environ 10 ans, la Coalition avenir Québec (CAQ) ne bronche pas. Le gouvernement croit qu’il est toujours possible de commencer la construction de ce tunnel ou de ce pont entre les deux rives en 2022. «On a fait une promesse; on va respecter cette promesse-là», a martelé le député de La Peltrie Éric Caire, en minimisant la portée de l’étude commandée par le maire de Québec Régis Labeaume. «Le maire Labeaume, il fait ce qu’il veut.» Pour le député de Chauveau Sylvain Lévesque, seulement «réaligner la mission du bureau de projet» sur le troisième lien en enlevant les scénarios de l’ouest fera gagner beaucoup de temps. Le député de Beauce-Sud Samuel Poulin ajoute que le temps accordé aux étapes préalables au projet, comme l’étude d’opportunité, les études environnementales, devra être «maximisé», sans préciser comment.  Patricia Cloutier

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DES BUREAUX DE CIRCONSCRIPTION VIDES

Certains députés caquistes, comme le député de Beauce-Sud Samuel Poulin, ont découvert des bureaux de circonscription complètement vides à leur arrivée. Dans son cas, le député libéral sortant Paul Busque n’avait pas laissé de trace des dossiers en cours. «Je trouve ça dommage l’attitude qu’une formation politique peut avoir envers des gens d’une région qui lui ont fait confiance pendant plusieurs années», a commenté M. Poulin. Le libéral Pierre Michel Auger a également refusé de rencontrer Sonia Lebel, la nouvelle députée de Champlain, qui n’a vu que quelques dossiers être transférés. Ces nouveaux députés disent «réfléchir» à l’idée de créer des règles pour assurer une transition harmonieuse après des élections, question de rassurer la population. Ils ont toutefois souligné que d’autres ex-députés libéraux ont donné l’exemple en transférant l’ensemble des dossiers qu’ils avaient en main. C’est ce qu’ont fait, entre autres, Véronyque Tremblay dans Chauveau, Marc H. Plante dans Maskinongé et Mireille Jean dans Chicoutimi.  Patricia Cloutier

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LE CRUCIFIX: OBJET DU PATRIMOINE

Même si le nouveau gouvernement caquiste souhaite que les personnes en autorité ne portent pas de signe religieux, il n’est pas question pour lui de retirer le crucifix du Salon bleu de l’Assemblée nationale ou des palais de justice du Québec. «Pour nous, le crucifix, il fait partie de l’histoire du Québec. Alors, pour nous, il est normal qu’il puisse demeurer au Salon bleu», soutient le député Samuel Poulin. Le rapport Bouchard-Taylor, sur lequel s’appuie la CAQ dans ses positions sur les signes religieux, recommandait toutefois de le retirer de l’endroit où les lois du Québec sont votées. «De dire qu’à partir de maintenant, on va marquer de façon claire le fait que le Québec est une société laïque, c’est se tourner vers l’avenir, c’est se connecter avec le présent. Mais il ne faut pas tourner le dos à notre passé», justifie la députée Sonia Lebel.  Patricia Cloutier