Catherine Fournier est la plus jeune députée de l'Assemblée nationale.

Le PQ dénonce le «paternalisme» de Couillard à l’endroit de Catherine Fournier

L’opposition officielle à l’Assemblée nationale critique l’attitude «paternaliste» et «condescendante» de Philippe Couillard à l’endroit de la plus jeune députée, Catherine Fournier. La principale intéressée a invité la population à juger elle-même de l’attitude du premier ministre.

«J’ai trouvé que le premier ministre était très condescendant, très paternaliste, et ça c’est pas le genre d’attitude que l’on souhaite», a commenté la vice-chef du Parti québécois, Véronique Hivon, mercredi matin. 

Elle réagissait à l’échange entre Mme Fournier et M. Couillard la veille lors de l’étude des crédits du volet Jeunesse, dont le premier ministre est responsable. 

Catherine Fournier questionnait avec aplomb le premier ministre sur les nominations «partisanes» de jeunes sur les conseils d’administration des sociétés d’État. 

Une question à laquelle M. Couillard s’est dit «extrêmement déçu» du comportement de la plus jeune députée de l’Assemblée nationale. «Je pensais entendre de sa part la politique faite autrement», a-t-il poursuivi, ne remettant pas en question la compétence des personnes nommées. 

Plus tard, alors que Mme Fournier remettait en question la compétence d’un fiscaliste et donateur libéral, qui a été nommé au conseil d’administration de Transition énergétique Québec, M. Couillard a répondu : «est-ce qu’elle est familière avec le concept d’écofiscalité, peut-être? Peut-être en a-t-elle entendu parler une fois ou deux. [...] Alors merci d’avoir souligné cette très bonne nomination». 

À cela, la députée de Marie-Victorin a affirmé que le fiscaliste concerné était spécialisé dans le traitement des testaments et que seule sa proximité avec le Parti libéral expliquerait sa nomination. 

Pour le député caquiste Simon Jolin-Barrette, l’attitude du premier ministre est inacceptable. 

«Il a regardé la députée de Marie-Victorin de haut et tous les Québécois de haut qui osent poser des questions sur les nominations libérales, partisanes, au sein des conseil d’administration», a-t-il commenté. 

Le député n’ose pas qualifier de «paternaliste» l’attitude de M. Couillard. «La réaction du premier ministre a été de juger la question de Mme Fournier alors que la question était tout à fait légitime. [...] J’espère que M. Couillard va s’excuser.» 

La principale intéressée a avoué être surprise de la réaction du chef du gouvernement. «Je me serais attendue à plus de hauteur compte tenu de sa fonction. Mais ça ne m’a pas empêché de rester concentrée sur les questions que j’avais à lui poser», a-t-elle avancé. 

«Je pense que tous les Québécois sont à même de constater la nature du ton qu’il a utilisé à mon endroit», a-t-elle dit ensuite. 

En mêlée de presse, le premier ministre a réagi en ne jugeant pas avoir fait preuve de condescendance. 

«C’est sans précédent les jeunes sur les conseils d’administration et elle en fait une attaque partisane. Il n’y avait rien à dire sur la compétence de ces personnes», a-t-il maintenu. «C’est légitime pour moi de faire ces remarques-là et il n’est pas question pour moi de ne pas les faire», a-t-il conclu au sujet des nominations partisanes que le Parti québécois aurait faites alors qu’il formait le gouvernement.