Dans une entrevue accordée plus tôt cette semaine à La Presse canadienne, M. Gaudreault, qui est député de Jonquière, a expliqué qu’il est temps que le Québec soit mieux documenté sur les nombreux effets sur la population des canicules, des inondations.

Le PQ demande une étude sur l'effet des changements climatiques sur la santé

Le premier ministre François Legault ne participe pas au grand sommet annuel des Nations unies sur le climat (COP24) qui se déroule actuellement à Katowice, en Pologne, mais les partis d’opposition y seront en force.

Autant les libéraux que Québec solidaire (QS) ont délégué un de leurs élus, tandis que le député Sylvain Gaudreault, qui représente le Parti québécois (PQ), a bien l’intention d’en revenir avec une revendication ferme: il réclame pour 2020 une vaste étude relative aux effets des changements climatiques sur la santé publique.

Dans une entrevue accordée plus tôt cette semaine à La Presse canadienne, M. Gaudreault, qui est député de Jonquière, a expliqué qu’il est temps que le Québec soit mieux documenté sur les nombreux effets sur sa population des canicules, des inondations, bref, de toutes les perturbations qui se multiplient.

Un outil nécessaire

Cette synthèse est nécessaire «pour qu’on sache où on s’en va, pour que les institutions publiques soient davantage outillées sur les liens entre la santé et l’environnement. Avec toutes les informations qui circulent, on a besoin d’un outil commun».

Par exemple, a-t-il poursuivi, les données sont de plus en plus claires: une succession de canicules a un impact direct sur la santé publique. Durant sa mission à COP24, il rencontrera d’ailleurs la présidente des Médecins canadiens pour l’environnement.

M. Gaudreault est d’ailleurs porte-parole en matière d’environnement pour son parti, mais aussi en matière de santé, et il veut en effet faire le lien entre ces deux grands enjeux.

Selon lui, l’étude pourrait être confiée à l’Institut national de la santé publique (INSPQ) pour l’échéance de 2020, parce que cela correspond à la date de la prochaine cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) que doit atteindre le Québec en vertu de ses engagements internationaux.

Les COP, «aussi importantes que Davos»

Le premier ministre François Legault a fait fi de la pression de l’opposition et de Greenpeace et a décidé de ne pas aller au sommet de Katowice, contrairement à certains de ses prédécesseurs aux COP précédentes comme Jean Charest et Philippe Couillard, mais c’est plutôt sa ministre de l’Environnement, MarieChantal Chassé, qui parlera au nom du Québec.

M. Gaudreault se désole de l’absence du premier ministre du Québec à la COP, qui est devenu selon lui un rendez-vous immanquable autant sur l’environnement que sur l’économie, où les États fédérés et les villes ont un rôle essentiel à jouer. C’est l’exemple des «deux poids, deux mesures» de la Coalition avenir Québec, selon le député de Jonquière.

«Imaginons le premier ministre qui ne va pas à Davos (au Forum économique mondial en janvier): on dirait que ça n’a pas de bon sens, il faut que le premier ministre soit à Davos. Je pense que les COP sont certainement rendues aussi importantes que Davos.»

C’est le député de Nelligan, Monsef Derraji, qui représentera le Parti libéral à la COP24, tandis que QS a mandaté Ruba Ghazal, de la circonscription de Mercier.

«Loi anti-déficit climatique»

En outre, M. Gaudreault poursuivra un autre objectif au cours de son séjour à Katowice. Il rencontrera des délégués provenant d’États où des lois anti-déficit climatique ont été adoptées afin de mieux se documenter.

En effet, le PQ a demandé au gouvernement Legault d’adopter une telle loi au plus tard au Jour de la Terre, le 22 avril 2019. Cette loi officialiserait les objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES) auxquels adhère le Québec et mettrait en place une mécanique pour les atteindre, avec une entité indépendante pour mesurer les résultats, par exemple, le Commissaire au développement durable, mais avec des pouvoirs renforcés.

Dans un deuxième temps, elle forcerait le gouvernement à prendre en compte les divers impacts de toutes ses décisions sur la lutte aux changements climatiques. Les projets de loi et projets de règlement devraient ainsi être modifiés pour «passer le test» de la loi anti-déficit climatique.

La COP24, c’est quoi?

La COP24 est considérée par les observateurs comme le plus important rendez-vous décisionnel depuis l’Accord de Paris (COP21) sur les changements climatiques de 2015. C’est le moment, dit-on, d’accélérer les actions et d’adopter des lignes directrices solides.

Les États devront démontrer leur capacité de mettre en oeuvre des engagements réels pour atteindre leur cible de réduction des GES, et aussi prendre des engagements de transparence et de reddition de compte concernant l’atteinte de ces objectifs.