La députée péquiste de Gaspé Méganne Perry Mélançon (à droite) trouve «absolument aberrant» d’entendre parler d’exploitation pétrolière dans «l’écosystème ultrasensible» de la Gaspésie.

Le pétrole propre n’existe pas, dit le PQ

Si le premier ministre François Legault s’est permis de rejeter le «pétrole sale» de l’Alberta, le Parti québécois l’avertit qu’il n’existe pas de «pétrole propre». Il réclame que la CAQ mette fin au projet pétrolier Galt en Gaspésie.

La députée péquiste de Gaspé Méganne Perry Mélançon trouve «absolument aberrant» d’entendre parler d’exploitation pétrolière dans «l’écosystème ultrasensible» de la Gaspésie.

Depuis le début janvier, le ministère de l’Environnement étudie la demande de la compagnie Cuda Pétrole et Gaz, qui veut exploiter ce gisement situé à environ 20 km de Gaspé. 

En décembre, le premier ministre Legault avait soulevé la colère de la classe politique en Alberta en rejetant le projet d’oléoduc Énergie Est et en qualifiant le pétrole «d’énergie sale», comparativement à l’hydroélectricité du Québec. 

«Il n’existe pas de pétrole propre», a insisté Mme Perry Mélançon lors de la période des questions mercredi. «Il est inconcevable de laisser évoluer le projet Galt, qui deviendrait le premier projet pétrolier au Québec», ajoute-t-elle. 

La députée demande à ce que le gouvernement caquiste cesse immédiatement l’étude de ce projet. Ce qui n’a pas été accepté par le ministre des Ressources naturelles Jonatan Julien. «Notre gouvernement n’a pas une vision dogmatique par rapport au développement des hydrocarbures», a-t-il soutenu. 

Le projet sera donc étudié, mais il devra absolument rencontrer deux critères, indique M. Julien : l’acceptabilité sociale et le respect de l’environnement. 

Souiller la Gaspésie

Mme Perry Mélançon est d’avis qu’il faut arrêter immédiatement les démarches pour éviter qu’elles n’«ouvrent la porte» à d’autres compagnies pétrolières et à la fracturation hydraulique. S’adressant au ministre de l’Environnement Benoit Charrette, elle se demande «pourquoi il veut souiller le territoire de la Gaspésie pendant 40 ans pour l’équivalent de 42 jours de consommation pétrolière au niveau actuel du Québec?»

M. Charrette s’est voulu rassurant en expliquant que si ce projet voit le jour, «ça se fera dans les plus strictes règles environnementales existantes». Mais selon lui, rien n’est encore certain. 

Pour le ministre de l’Environnement, la conscience environnementale du PQ est surprenante. «C’est ce même parti qui, dans la même région, a tout fait pour développer le projet qui, encore à ce jour, est le plus polluant de l’industrie québécoise en matière d’émissions de gaz à effet de serre», a-t-il décrié, faisant référence à la cimenterie de Port-Daniel.