Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge

Le ministre Roberge lance un appel aux ex-enseignants

Tracassé par la pénurie d’enseignants dans les écoles primaires et secondaires, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge lance un appel à l’aide à ceux qui ont quitté «par dépit», leur demandant de revenir au bercail.

«On n’a pas leurs numéros de téléphone, parce que je pense que je les appellerais personnellement pour leur dire : “On a besoin de vous, revenez, on croit en vous, on va vous aider à aider les élèves”», a exprimé M. Roberge en point de presse mardi.

Il réagissait aux reportages sur le manque de suppléants dans les écoles. Radio-Canada révélait qu’à la commission scolaire de Laval, jusqu’à 40 % des enseignants ne sont pas remplacés lorsqu’ils sont absents. 

M. Roberge soutient que son gouvernement est «pris avec cet héritage-là» et qu’il doit «réparer les pots cassés». S’il a plusieurs idées pour contrer la pénurie d’enseignants à moyen et à long terme, M. Roberge croit qu’à très court terme, la meilleure solution est «de ramener des enseignants qui ont quitté la profession, qui ont leur brevet, qui ont enseigné quelques années, mais qui ont quitté par dépit».

Le ministre de l’Éducation promet de «bonnes nouvelles» dans le budget qui sera déposé jeudi pour la valorisation de la profession enseignante et pour les services professionnels. «On va envoyer un signal très clair que les profs sont pas laissés à eux-mêmes dans les classes.»

Hausser le salaire des jeunes enseignants

Son gouvernement s’est également engagé à hausser le salaire des jeunes enseignants. «Dès septembre prochain, on va implanter notre programme de mentorat, pour s’assurer que les nouveaux enseignants réussissent leur insertion», ajoute-t-il. 

Une étude universitaire a déjà démontré que jusqu’à 25 % des enseignants qui ont moins de cinq ans d’expérience décrochent de la profession. M. Roberge n’a pas calculé précisément le nombre de personnes que ça représente, mais il croit qu’ils seraient «quelques milliers» à pouvoir recommencer à enseigner. 

En collaboration avec le président du Conseil du Trésor, M. Roberge tente aussi de ramener des directeurs d’école et des enseignants retraités au travail. Des travaux sont en cours pour éviter que ces retraités soient pénalisés financièrement s’ils «reviennent donner un coup de main dans le réseau».