Désigné comme l’un des porteurs d’espoir du Relais pour la vie de la Baie-des-Chaleurs parce qu’il a vaincu le cancer, Sylvain Roy a pris dans ses bras son porteur d’espoir personnel, son petit-fils Hubert, lors de l’événement du 8 juin à New Richmond.

Le député Sylvain Roy, un an après son cancer

NEW RICHMOND – Le 8 juin, Sylvain Roy, député de Bonaventure à l’Assemblée nationale, a participé aux activités du Relais pour la vie avec le cœur pas mal plus léger qu’un an auparavant. Débarrassé d’un cancer de la gorge, il a marché les premières dizaines de mètres du tour des survivants avec son petit-fils Hubert dans les bras.

En juin 2018, se sachant atteint d’un cancer de la gorge, mais ayant décidé de garder la nouvelle secrète en attendant la naissance d’Hubert, Sylvain Roy s’était adressé aux centaines de participants du Relais pour la vie de la Baie des Chaleurs avec l’obligation morale d’encourager tout le monde malgré une inquiétude profonde quant à sa santé.

«Je remerciais ceux et celles qui accompagnaient et soutenaient les gens qui étaient en traitement, je disais que la solidarité était importante et qu’il fallait avoir de l’espoir. Je savais depuis quelques jours que j’avais le cancer. Je ne pouvais pas en parler. Mon fils ainé et sa conjointe attendaient leur premier enfant pour le 20 juillet, mon frère allait se marier dans ma cour. Je ne voulais pas que quiconque le sache avant la fin de juillet. Ma conjointe Johanne et moi avions décidé d’épargner ça aux jeunes dans le contexte de la grossesse. Partager ce genre de nouvelle, ça fait du bien, mais avec des gens plus solides que nous, pas quand les gens que tu aimes, les gens à qui tu en parles, sont fragiles. Ma «bru» avait son bébé dans les bras quand je leur ai annoncé la nouvelle», raconte Sylvain Roy.

En juin 2018, le député péquiste en était à son troisième mois d’incertitude quant à son état de santé. Il avait une masse distincte au cou depuis avril.

«Je pouvais la toucher. La première biopsie en mai n’avait donné aucun résultat. La deuxième, au début de juin, ne nous avait pas fourni plus de détails. L’échantillon était liquide. Le cancer est difficile à détecter dans ces conditions. Pour la troisième biopsie, ils sont allés chercher du solide», explique Sylvain Roy.

Son médecin, l’oto-rhino-laryngologiste Chady Dagher, l’a pris à contrepied après la troisième biopsie en lui disant : «je suis content; tu as un cancer de la gorge». J’étais secoué mais ce qu’il voulait dire, c’était que maintenant, on pouvait combattre le mal; on en connaissait la source. Ils l’ont tellement cherché qu’ils l’ont trouvé à un stade précoce», note M. Roy.

Campagne électorale

C’était à l’aube de la campagne électorale québécoise et il a décidé de rester candidat pour tenter de remporter un troisième mandat.

«Je voulais profiter de l’adrénaline de la campagne électorale, avoir un projet pendant mon combat. Ça prend une idée plus forte que la maladie pour passer à travers», évoque-t-il.

Il a subi l’ablation des amygdales avant d’entamer des traitements comprenant un cocktail de chimiothérapie et 33 séances de radiothérapie. Il a dû s’absenter physiquement de sa circonscription gaspésienne pendant le dernier mois de la campagne afin de subir ses traitements à Québec, mais en trouvant l’énergie pour donner des entrevues et participer à distance à un débat radiophonique.

Il a bénéficié de l’appui d’autres candidats du Parti québécois dans l’est du Québec, dont Pascal Bérubé, de Matapédia-Matane, Harold Lebel, de Rimouski et de Méganne Perry-Mélançon, de Gaspé, qui sont venus dans Bonaventure à diverses reprises.

Réflexion de vie

Sylvain Roy devait se lever avec l’équivalent d’une solide gueule de bois pendant toute la durée du traitement intensif mais «j’ai seulement eu le hoquet».

Depuis l’automne 2018 toutefois, «je vis avec un acouphène, mes glandes salivaires sont moins efficaces et mon goût est affecté : je dois manger plus épicé pour goûter les aliments», note-t-il.

Les lendemains de son cancer le font réfléchir sur d’autres aspects de la vie. «Le système de santé est plein de gens dévoués, formidables. Ce qui est difficile, c’est l’attente, d’avril à juillet dans mon cas. C’est terrorisant. Globalement, je sors de l’expérience avec la mèche courte, dans le sens que je suis plus réactif qu’avant. Je règle les choses au fur et à mesure. Ça te fait revenir à ce que tu aurais dû faire, à l’essentiel», résume Sylvain Roy.

Le Relais pour la vie est un événement organisé par la Société canadienne du cancer afin d’amasser des fonds pour la recherche visant à vaincre la maladie.