Raj Grewal avait invité un dirigeant d’une entreprise de construction, à qui il fournissait des services juridiques, à participer à des événements officiels avec le premier ministre pendant le voyage.

Le député Raj Grewal expulsé du caucus libéral

Le premier ministre Justin Trudeau dit avoir été mis au courant il y a un peu plus d’une semaine des problèmes de jeu du député Raj Grewal, expulsé samedi du caucus libéral. Il soutient cependant n’avoir jamais été informé qu’une enquête de la Gendarmerie royale du Canada était liée au dossier.

M. Trudeau reconnaît que son cabinet savait que la GRC procédait à une vérification des liens entre le député Raj Grewal et son voyage controversé en Inde en début d’année.

Il a ajouté que son cabinet avait également été informé, en mai, d’une enquête du commissaire à l’éthique concernant M. Grewal à la suite de craintes exprimées par deux députés de l’opposition au sujet d’un possible conflit d’intérêts lié au fameux voyage en Inde.

Raj Grewal avait invité un dirigeant d’une entreprise de construction, à qui il fournissait des services juridiques, à participer à des événements officiels avec le premier ministre pendant le voyage.

Une source proche du dossier a également laissé savoir à La Presse canadienne que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait commencé à s’intéresser aux dettes de M. Grewal après s’être penchée sur des transactions financières anormalement importantes.

Après avoir annoncé son intention de démissionner de son siège de député de Brampton-Est, Raj Grewal semble vouloir revenir sur sa décision. Il assure avoir d’ailleurs avoir remboursé ses dettes de jeu. Mais il ne pourra plus siéger sur les banquettes du gouvernement à la Chambre des communes puisque le whip en chef du gouvernement, Mark Holland, a annoncé samedi matin que M. Grewal ne faisait plus parti du caucus libéral. M. Holland a dit en avoir informé le président de la chambre.

Dans une déclaration publiée en ligne tard vendredi soir, M. Grewal, élu en 2015, affirme que les Canadiens ont le droit d’en savoir davantage sur ses déboires personnels.

Dans le message publié sur sa page Facebook, Raj Grewal mentionne qu’il a fréquenté le Casino du Lac-Leamy au début de 2016 et qu’il y a accumulé des dettes de plusieurs millions de dollars en participant à des parties de black jack où les mises étaient particulièrement élevées.

Il reconnaît aussi qu’il s’est alors mis à emprunter de l’argent à des membres de sa famille et à des amis pour pouvoir continuer de jouer.

M. Grewal explique qu’en général, il commençait par passer de 15 à 30 minutes à une table.

Durant cette courte période, il pouvait gagner gros, ce qui le poussait à continuer à tenter sa chance, ou il pouvait tout perdre, ce qui le plongeait dans «un désarroi total».

Il tient à signaler qu’il a remboursé tous les gens qui ont accepté de lui prêter de l’argent dans le cadre de transactions totalement «transparentes».

Raj Grewal poursuit en s’excusant auprès de ses proches, qui ont été contraints de «porter le fardeau» de sa dépendance avec lui.

Il admet qu’il a caché son problème de jeu à «absolument tout le monde» pendant très longtemps.

M. Grewal précise que l’amour et le soutien des membres de sa famille et de ses amis lui ont donné le courage nécessaire pour parler à l’entourage du premier ministre le 19 novembre dernier.

Durant cette conversation, il se serait fait dire qu’il ne pourrait pas rester au sein du caucus du Parti libéral du Canada et qu’il serait donc préférable pour lui de démissionner.

Par la suite, alors qu’il était excessivement «vulnérable» et «fatigué», Raj Grewal aurait choisi de renoncer à son siège de député.

A posteriori, le principal intéressé qualifie cette décision d’»irrationnelle».