Le premier ministre Justin Trudeau a montré la porte à John McCallum samedi dernier, après que ce dernier eut tenu des propos controversés sur le dossier de Meng Wanzhou.

Le congédiement de McCallum était inévitable, plaide Freeland

OTTAWA — L’ambassadeur canadien en Chine ne pouvait rester en poste, car il a erré dans le dossier de la femme d’affaires Meng Wanzhou, a tranché lundi la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

L’éjection de John McCallum est attribuable au fait que ses propos allaient à l’encontre du message gouvernemental et que cette situation était «intenable», a fait valoir la diplomate en chef du Canada.

«Quand il y a une distance, une divergence, entre les positions qu’un ambassadeur (prend) et ce que le gouvernement dit, c’est un problème», a exposé Mme Freeland en mêlée de presse dans le foyer des Communes.

«C’était la situation la semaine passée et à cause de ça, le premier ministre a demandé et reçu la démission de l’ambassadeur McCallum», a-t-elle tranché.

Justin Trudeau a montré la porte à son chef de mission en Chine après que ce dernier eut formulé des commentaires controversés sur l’affaire Meng Wanzhou.

La haute dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei a été arrêtée à Vancouver le 1er décembre dernier, et ce, à la demande des États-Unis.

L’ambassadeur McCallum avait fait sourciller en faisant valoir mercredi dernier que Meng Wanzhou avait une «défense robuste» pour éviter son extradition aux États-Unis.

Peu après, il s’était excusé par voie de communiqué, en plaidant s’être mal exprimé.

Mais l’homme d’Ottawa à Pékin avait récidivé deux jours plus tard en soutenant que ce serait bien que Washington laisse tomber sa requête d’extradition.

Son départ survient alors que deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, sont toujours sous les verrous en Chine. Ils sont accusés d’avoir menacé la sécurité nationale du pays.

Leur arrestation est qualifiée d’«arbitraire» par le gouvernement Trudeau.

Dans ce contexte, le licenciement de John McCallum est «problématique», a argué le néo-démocrate Guy Caron, qui veut savoir «quel est le plan (...) maintenant que nous n’avons pas d’ambassadeur».

«On doit avoir des explications et un sens de la direction où le Canada s’en va; j’espère avoir une réponse de la part du gouvernement assez rapidement», a-t-il déclaré en point de presse.

Pendant la période des questions en Chambre, les conservateurs ont sévèrement critiqué la politique étrangère des libéraux.

Leur chef, Andrew Scheer, l’a qualifiée de «catastrophe». Il a reproché à Justin Trudeau d’avoir attendu à samedi dernier avant de demander à John McCallum de quitter ses fonctions.

Le premier ministre a esquivé, se contentant de réitérer qu’il allait continuer à se tenir debout pour défendre la règle de droit et l’indépendance du système judiciaire canadien.

Les États-Unis ont formellement déposé, lundi après-midi, des accusations criminelles contre Meng Wanzhou.

Le procureur général par intérim des États-Unis, Matthew Whitaker, a annoncé que les États-Unis réclamaient officiellement l’extradition de Mme Meng.