Cette réserve naturelle, d’une superficie équivalente au tiers de la Belgique, sera créée dans la forêt boréale située au nord du lac Saint-Jean et du fleuve Saint-Laurent, à environ 900 km au nord-est de Montréal.

Le caribou forestier sera protégé

« C’est vraiment une très bonne nouvelle. Je voulais me faire rassurante pour la région. Il n’y aura pas d’impact sur les garanties d’approvisionnement, sur les emplois du secteur forestier de la région. Ç’a avait été bien entendu lors du sommet économique régional. »

La ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon, a annoncé avec fierté la création par le gouvernement Couillard d’une importante aire protégée pour le caribou forestier située à environ 200 kilomètres au nord de Baie-Comeau.

La ministre en a fait l’annonce à Baie-Comeau mardi, mais tenait à rassurer la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean quant aux impacts d’une telle décision. 

« Cette annonce est le résultat d’une très vaste consultation tenue avec les gens de différentes régions, notamment du Saguenay-Lac-Saint-Jean avec la CRÉ de l’époque et qui tient compte des recommandations formulées au sommet économique régional. »

L’aire protégée touche les régions de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. « C’est vraiment grand. On parle de 10 200km2, ce qui représente 21 fois l’île de Montréal », illustre-t-elle. 

« On avait deux objectifs. D’abord, la protection de l’habitat de haute qualité pour les caribous, une espèce vulnérable. Et aussi se diriger vers notre objectif d’atteindre 17 % en aires protégées au Québec. Avec cette annonce, on se rapproche de l’objectif en atteignant 11,1 %. »

L’aire inclus notamment les Montagnes Blanches, secteur qui fait partie de la région et de la possibilité forestière. 

« S’il y avait des possibilités forestières dans les zones que nous protégeons, on va les compenser par de nouvelles. Tout ça, on y arrive sans avoir d’impact sur les activités et les emplois forestiers dans la région. C’était important », assure celle qui souligne l’ampleur du travail derrière la décision. 

« Le territoire a été choisi de façon scientifique. Le caribou est une espèce parapluie. En protégeant le caribou qui est vulnérable, on protège aussi la biodiversité de la forêt québécoise. On est capable de marier la protection du caribou, la protection de l’environnement et le développement économique, se réjouit-elle. On n’a pas fait ça seul dans notre coin. C’est l’aboutissement d’un travail d’équipe. Les communautés autochtones ont mis l’épaule à la roue tout comme les gens fidèles à l’environnement, les travailleurs, les gens du développement économique, les gens du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec, les gens de faune et forêt. C’est un travail d’équipe qui aboutit avec une super annonce que tout le monde a salué. Les réactions sont très positives. »

La ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon

Un premier pas

(Presse Canadienne) – Les groupes environnementalistes saluent un « premier pas » du gouvernement du Québec pour mieux protéger l’habitat du caribou forestier, mais ils rappellent qu’il reste encore beaucoup de travail à faire à long terme pour préserver cette espèce vulnérable.

L’annonce de mardi était donc attendue depuis bien longtemps, selon Olivier Kolmel, chargé de la campagne forêt de Greenpeace Canada. M. Kolmel salue l’initiative de Québec, mais il exhorte les gouvernements provincial et fédéral à aller beaucoup plus loin.

« Si vraiment on souhaite rétablir à long terme les caribous, il faut vraiment écouter la science », a-t-il indiqué en entrevue, citant une étude du gouvernement fédéral datant de 2015 qui ciblait 16 000 kilomètres carrés à protéger pour assurer la pérennité de l’espèce.

De son côté, la Société pour la nature et les parcs (SNAP) s’est désolée qu’un secteur au nord du Saguenay ait été exclu de la zone.

« Il s’agit d’un secteur situé très loin des usines dont la valeur socio-économique est questionnable, mais dont la valeur pour le caribou est scientifiquement démontrée », a souligné dans un communiqué Pier-Olivier Boudreault, chargé de projet en foresterie et conservation à la SNAP Québec.