Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, a affirmé qu’il est «humiliant» et discriminatoire pour un francophone qu’on exige de lui une connaissance d’une autre langue pour travailler au Québec.

Langue de travail: le PQ dépose un projet de loi, le patronat est contre

Le gouvernement caquiste a accueilli avec ouverture mercredi un projet de loi du Parti québécois (PQ) pour renforcer le statut du français comme langue de travail, alors que le patronat l’a aussitôt rejeté.

En vertu du projet de loi 591, un employeur devrait démontrer que la connaissance d’une langue seconde est nécessaire pour accomplir les tâches reliées à l’emploi et participer au milieu de travail. Le PQ a aussi ouvert la porte à un régime d’amendes pour les employeurs contrevenants.

En conférence de presse, le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, a affirmé qu’il est «humiliant» et discriminatoire pour un francophone qu’on exige de lui une connaissance d’une autre langue pour travailler au Québec.

Le premier ministre François Legault a affirmé en Chambre que son gouvernement allait analyser «de façon très attentive» le texte de loi proposé par le PQ.

De surcroît, il a rappelé que son ministre Simon Jolin-Barrette «est en train de préparer un plan d’action musclé pour mieux défendre, mieux promouvoir le français».

C’est peut-être ce qui a incité le Conseil du patronat (CPQ) à réagir rapidement mercredi par voie de communiqué. L’organisme n’émet pas de commentaires habituellement sur un projet de loi qui est déposé par un parti d’opposition - donc qui a peu de chance d’être mis à l’étude par le gouvernement.

Le CPQ soutient que le projet de loi vient ajouter une obligation non nécessaire. Selon le président du CPQ, Yves-Thomas Dorval, cette pièce législative ajoute aux exigences des employeurs qui devront revoir l’organisation du travail, dans un contexte de rareté de la main-d’œuvre.

«Nous croyons que la réglementation en place est suffisante et que le gouvernement doit miser davantage sur la sensibilisation que sur la législation, peut-on lire. Le nouveau projet de loi viendra s’immiscer dans l’organisation du travail d’un employeur créant des lourdeurs administratives et des questions d’interprétation inutiles.»

Le mois dernier, lorsque le PQ a annoncé ses couleurs en matière linguistique, M. Bérubé avait énuméré une série de postes affichés sur Emploi Québec pour lesquels on demande la connaissance de l’anglais, à Québec, une ville pourtant très majoritairement francophone : préposé au service à la clientèle dans une boutique de vêtements, éducatrice à la petite enfance, secrétaire médicale, électromécanicien, plongeur, cuisinier, etc.