La semaine politique

Voix radiophonique

Les couloirs de l’Assemblée nationale portent l’écho des voix. Et quand on a une voix radiophonique, que l’on a appris à projeter, on peut l’entendre de loin. C’est le cas de la nouvelle ministre déléguée aux Transports, Véronyque Tremblay. Mardi, deux mêlées de presse se sont tenues simultanément et il était difficile pour les journalistes qui posaient des questions au ministre Gaétan Barrette de se concentrer. Sur leurs enregistrements audio, on entend distinctement les propos de Mme Tremblay, qui étaient pourtant à quelques mètres de là.  

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Les journalistes, mauvais jardiniers

Alors que son parti était secoué par les révélations sur les soirées somptueuses chez Marc Bibeau, le député libéral Serge Simard a eu l’idée de fait un parallèle avec le jardinage. Selon lui, il faut laisser les policiers enquêter sur les allégations de trafic d’influence et attendre des résultats, au lieu de faire des reportages «sur le passé». «Il y a des enquêtes là-dessus. On dirait que vous tirez sur la fleur, pour la faire pousser. Un bon jardinier, ça laisse pousser sa fleur. On va voir ce que ça va donner.» Serge Simard est un député-philosophe.

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Tout simplement merci!

Au procès avorté de Tony Accurso, on a pu apprendre que l’entrepreneur contribuait aux caisses électorales de tous les partis politiques provinciaux, mais que ses cadeaux annuels au Parti libéral du Québec se sont déjà élevés à 75 000 $ par année. Le collègue de TVA, Alain Laforest, micro en main, a demandé au ministre Jean D’Amour, qui passait par là, ce qu’il en pensait. M. D’Amour a simplement laissé tomber «Merci»! Merci M. Accurso? Merci Tony?!? En fait, le ministre n’avait pas envie de répondre à la question. Il a donc passé son chemin en disant merci, comme pour dire «je ne dirai rien». Finalement, il en a dit une bien bonne.

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Leçon de français

On s’entendra tous pour dire que les doubles négations dans les phrases peuvent rendre les choses moins claires. Mais le ministre des Transports, André Fortin, devait-il vraiment s’étonner que le caquiste Benoit Charette ait déclaré que l’échéancier de la construction du Réseau électrique métropolitain ne serait pas respecté alors que lui-même venait de dire qu’«on n’a aucune indication à ce moment-ci qu’on n’est ni dans les échéanciers ni dans les coûts prévus». Bien sûr que non! Surtout pas lors d’une joute parlementaire. Mais M. Fortin a tout de même cru bon d’expliquer à son vis-à-vis qu’«un double négatif, c’est un positif». En effet, «ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de raison de ne pas croire qu’on croit nécessairement le contraire». Voilà qui est plus clair, non?

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Phrase de la semaine

Lucie Charlebois

«Nous souhaitons éviter, et c’est bien important, la banalisation de ce produit qu’est le cannabis non thérapeutique. Et ce que nous souhaitons faire aussi, c’est intégrer les consommateurs sur un marché licite; ceux qui consomment déjà.»

— Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Santé publique lors de la présentation de son projet de loi sur le cannabis