«Il y a une école sur deux qui a besoin d’amour au Québec. C’est vrai puis ça va prendre des années pour y arriver [à les rénover]», a admis le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx, ajoutant que son gouvernement fait le maximum pour renverser la vapeur.

La moitié des écoles du Québec en mauvais état

Les écoles du Québec sont encore plus mal en point que ce que croyait le ministère de l’Éducation. En un an, le déficit d’entretien des écoles primaires et secondaires a bondi de 1,8 à 3,3 milliards $ parce que le portrait réel de la situation se précise.

Le Plan québécois des infrastructures (PQI) indique que «l’état des infrastructures scolaires s’est considérablement détérioré cette année».

Si bien qu’à l’heure actuelle, seulement 45 % des écoles primaires et 53 % des écoles secondaires sont dans un état satisfaisant. L’autre moitié des écoles du Québec obtient des cotes de vétusté D ou E, signifiant qu’elles sont dans un mauvais ou un très mauvais état. 

«Nos écoles sont pires que l’an passé, mais moins pires que l’an prochain. Ça empire à chaque année», s’est désolé le député de la Coalition avenir Québec (CAQ) Jean-François Roberge, qui a mis ces chiffres de l’avant à la période de questions de l’Assemblée nationale. 

«Le collègue a raison. Il y a une école sur deux qui a besoin d’amour au Québec. C’est vrai puis ça va prendre des années pour y arriver [à les rénover]», a admis le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx. 

Le ministre explique que son gouvernement fait le maximum pour renverser la vapeur. Il ne peut toutefois pas réparer les écoles pendant l’année scolaire, alors que les enfants les fréquentent, a-t-il fait valoir. 

Le pire à venir

Le ministère de l’Éducation croit que le portrait global de la vétusté des écoles pourrait encore s’empirer. D’abord parce qu’un nouveau processus d’inspection des bâtiments, plus précis, a été implanté l’an dernier. À l’heure actuelle, environ 66 % des bâtiments ont été inspectés en suivant la nouvelle formule. Le ministère prévoit que l’exercice sera complété d’ici 2020 dans toutes les commissions scolaires du Québec. 

Certaines commissions scolaires ont également omis de transmettre une évaluation réaliste de leurs besoins en rénovation. Esther Chouinard, porte-parole du ministère de l’Éducation, explique par exemple que la commission scolaire de l’Énergie, en Mauricie, avait indiqué un déficit d’entretien de 0 $ en 2016-2017, alors qu’aujourd’hui, «grâce à une meilleure connaissance de l’état de ses infrastructures scolaires», les travaux se chiffrent plutôt à 38 millions $. 

La vétusté des écoles pourrait aussi s’accentuer parce que certaines commissions scolaires ne sont pas capables d’augmenter le rythme de réalisation des travaux. L’argent est disponible, mais les travaux tardent à se faire. 

Le PQI indique qu’en 2016 et en 2017, le gouvernement a annoncé des budgets additionnels de 900 millions $ pour rénover les écoles. Mais seulement 180 millions $ ont été dépensés. Le reste de la somme devra être investie d’ici 2021-2022. 

Mme Chouinard indique que le ministère est tout de même «confiant» de respecter ses objectifs : soit que tout le parc immobilier scolaire du Québec soit dans un état satisfaisant d’ici 2030.