La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée

La ministre Stéphanie Vallée pas candidate en octobre

QUÉBEC - La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, confirme qu’elle quittera la vie politique active à la fin de son mandat actuel, comme l’avait révélé La Presse canadienne.

Mme Vallée en a fait l’annonce mercredi à l’Assemblée nationale, disant vouloir «se réapproprier» sa vie familiale et «avoir une vie privée».

La ministre Vallée a confié qu’elle aurait préféré annoncer son départ dans sa circonscription de Gatineau en compagnie de son équipe de terrain, mais elle a avoué s’être sentie obligée de réagir rapidement à la suite de la diffusion de l’information.

Stéphanie Vallée a expliqué avoir longuement mûri cette décision, qui était déjà dans les cartons avant même la dernière élection, qu’elle estimait être sa dernière.

Bien qu’elle n’ait pas de plans précis pour l’instant, Mme Vallée dit vouloir rester liée à la politique. Elle a éclaté de rire lorsqu’on lui a demandé si elle envisageait une carrière dans les communications, notamment aux côtés de son conjoint, l’ex-député libéral Roch Cholette, qui est animateur de radio à Gatineau.

Constamment sur la sellette ces dernières années, la ministre de la Justice a dû composer avec la gestion des longs délais dans l’administration de la justice, à la suite de l’arrêt Jordan, et surtout l’adoption laborieuse du controversé projet de loi 62 sur la prestation et la réception de services publics à visage découvert.

Mme Vallée avait dû aussi, le printemps dernier, composer avec une fronde dans sa propre circonscription de l’Outaouais. Des libéraux mécontents de son travail de députée menaçaient de lui opposer un autre candidat à l’investiture libérale dans Gatineau aux prochaines élections, elle qui représente la circonscription depuis 2007.

Ministres en réflexion

Malgré des sondages qui annoncent une possible défaite des libéraux au profit de la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, il appert que la grande majorité des députés et ministres comptent tenter leur chance de se faire élire une fois de plus. À moins d’une surprise, on n’assistera donc pas à un renouvellement majeur de l’équipe libérale en place.

Selon les informations obtenues de plusieurs sources, au moins trois autres ministres sont en réflexion, hésitant entre le oui et le non devant la perspective de réclamer un mandat additionnel à leurs électeurs: Jean-Marc Fournier (Saint-Laurent), Laurent Lessard (Lotbinière-Frontenac) et Geoffrey Kelley (Jacques-Cartier). La ministre Lise Thériault a hésité elle aussi, ayant connu son lot de difficultés, d’abord à la Sécurité publique, puis à la Condition féminine, mais elle a décidé de plonger une fois de plus.

Dans les rangs libéraux, même si ce n’est pas encore officiel, on tient pour acquis que le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, député depuis 1985, ne portera pas les couleurs du PLQ dans Westmount-Saint-Louis lors de la prochaine campagne électorale, libérant ainsi cette forteresse libérale, éventuellement pour la ministre Hélène David. Députée d’Outremont depuis 2014, cette dernière doit se trouver une nouvelle piste d’atterrissage à Montréal, en raison du redécoupage de la carte électorale, qui résulte en une fusion de son fief avec celui du ministre Pierre Arcand, dans Mont-Royal.

Parmi les 69 députés qui forment le caucus libéral, cinq ont déjà annoncé qu’ils ne solliciteraient pas un autre mandat : Norbert Morin (Côte-du-Sud), Guy Hardy (Saint-François), Karine Vallières (Richmond), Pierre Reed (Orford) et André Drolet (Jean-Lesage). On tient pour acquis que Ghislain Bolduc (Mégantic) sera aussi du nombre.

Quatre autres députés libéraux poursuivent leur réflexion et pourraient bien annoncer sous peu qu’ils prendront leur retraite de la politique au terme du présent mandat : Raymond Bernier (Montmorency), Michel Matte (Portneuf), Germain Chevarie (Iles-de-la-Madeleine) et Serge Simard (Dubuc).

Cas problèmes

Il existe par ailleurs quelques cas problèmes, dont celui de Guy Ouellette (Chomedey), qui a affiché son intention d’être candidat, même si des accusations pourraient éventuellement être portées contre lui en pleine campagne électorale, plaçant le PLQ dans une position inconfortable. Soupçonné d’être à l’origine de fuites dans les médias reliées à une enquête policière, M. Ouellette avait été arrêté par l’UPAC en octobre dernier, mais n’a fait l’objet d’aucune accusation jusqu’à maintenant. Des sources émanant du caucus indiquent que sa situation crée un embarras certain au sein des troupes.

Le cas de Brome-Missisquoi, fief de l’ex-ministre Pierre Paradis depuis 1980, est encore plus délicat. Ce dernier, chassé du conseil des ministres et du caucus libéral à la suite d’allégations d’inconduite sexuelle, est en congé de maladie depuis plus d’un an. Il n’a jamais exprimé ses intentions pour l’avenir, sauf pour signifier par personne interposée qu’il aimerait revenir dans le caucus et reprendre ses activités. Mais chose certaine, même s’il a été blanchi, le député devenu indépendant qui aura 68 ans en juillet ne fait plus partie des plans des libéraux.

Même constat dans Laurier-Dorion, la circonscription de l’ex-député libéral devenu indépendant à la suite d’allégations d’inconduite sexuelle, Gerry Sklavounos. Le PLQ croit avoir déjà trouvé, toujours dans la communauté grecque, celui qui pourrait garder ce comté montréalais dans le giron libéral. M. Sklavounos a bien tenté ces derniers mois, de revenir au bercail, mais en vain.

En Mauricie, une région très convoitée par la CAQ, convaincue de ses chances de faire bonne figure le 1er octobre, le député libéral Pierre Giguère (Saint-Maurice) a été forcé de tirer sa révérence, en raison du redécoupage de la carte électorale et de la fusion entre Saint-Maurice et Laviolette, représentée par la ministre Julie Boulet. Entre les deux, le premier ministre Philippe Couillard a dû trancher et a choisi de favoriser la réélection de Julie Boulet.

---

L’équipe du PLQ en bref

Le caucus libéral compte 69 députés, incluant 30 ministres.

Nombre de ministres ayant choisi de quitter la politique au terme du mandat : 1 (Stéphanie Vallée)

Nombre de ministres en réflexion : 3 (Jean-Marc Fournier, Geoffrey Kelly, Laurent Lessard)

Nombre de députés ayant choisi de quitter la politique au terme du mandat : 5 (Karine Vallières, Norbert Morin, Pierre Reed, André Drolet, Guy Hardy)

Nombre de députés en réflexion : 6 (Jacques Chagnon, Ghislain Bolduc, Raymond Bernier, Michel Matte, Germain Chevarie et Serge Simard).

+