Mathieu Huot (Parti libéral), William Fradette (Parti québécois) et Éric Girard (Coalition avenir Québec).

La forteresse péquiste en danger dans Lac-Saint-Jean

Détenue par le Parti québécois depuis 1976, la circonscription Lac-Saint-Jean risque de passer aux mains de la Coalition avenir Québec, lors du scrutin du 1er octobre prochain. Le parti de François Legault mène dans cette circonscription considérée comme une forteresse péquiste avec sept points d’avance sur son plus proche rival.

Le sondage réalisé par Mainstreet Research pour le compte de Groupe Capitales Médias place la CAQ bonne première chez les électeurs de Lac-Saint-Jean, avec 39,5 % des intentions de vote, après répartition des indécis. Les 554 répondants ont été sondés le 31 août dernier. Notons que le sondage a été construit en fonction des partis et non pas des candidats. Les sondés ont donc été questionnés sur le parti pour lequel ils comptaient voter.

La CAQ, représentée par Éric Girard dans Lac-Saint-Jean, est suivie par le Parti québécois, qui récolte 32,6 % des intentions de vote, après répartition des indécis. Même si on regarde les résultats du sondage avant répartition des indécis, la CAQ récolte également sept points de plus que le PQ. Soulignons également que la circonscription Lac-Saint-Jean compte la plus importante association péquiste de la province, avec le plus grand nombre de membres.

« Le candidat péquiste William Fradette mène une bonne campagne et il est entouré d’une bonne équipe, mais lorsqu’on regarde les circonscriptions avec de nouveaux candidats, c’est bien souvent la campagne nationale qui mène. C’est d’ailleurs le cas avec Lac-Saint-Jean. Il n’y a pas encore de grands enjeux ni des personnalités très colorées ou connues », a expliqué le vice-président de Mainstreet, Steve Pinkus, lors d’un entretien accordé au Quotidien.

Selon le sondeur, les électeurs de la circonscription tenue par le péquiste Alexandre Cloutier depuis 2007 sont peut-être amers devant la défaite de leur député à deux reprises dans la course à la chefferie du Parti québécois. « En discutant avec des gens du coin, on se rend compte que plusieurs électeurs n’ont pas apprécié que M. Cloutier soit battu une seconde fois par Jean-François Lisée. Il est possible que les électeurs ressentent une amertume face à ce parti », a affirmé Steve Pinkus.

Les libéraux troisièmes
C’est le Parti libéral qui arrive troisième dans les intentions de vote, avec 19,5 %. Le parti de Philippe Couillard est représenté par Mathieu Huot, un jeune homme de 22 ans qui a fait la manchette dernièrement, après qu’il ait été forcé de s’excuser pour des dessins publiés anonymement sur les réseaux sociaux. Ces dessins se montraient critiques envers les partis politiques, dont le sien.

Québec solidaire, comme ça avait été le cas dans le sondage réalisé pour la circonscription de Dubuc, peine à récolter quelques pourcentages des intentions de vote. Alors que QS est bon deuxième dans bien des circonscriptions montréalaises et menace le Parti québécois, c’est loin d’être le cas au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Dans Lac-Saint-Jean, le parti de Manon Massé et de Gabriel Nadeau-Dubois récolte 3,2 % des intentions de vote.

« Québec solidaire n’est pas du tout présent dans les campagnes régionales », a souligné Steve Pinkus.

Les autres partis, tels que le Parti conservateur du Québec, réussissent à récolter 5,1 % des intentions de vote dans Lac-Saint-Jean.

Indécis
Selon le sondage réalisé le 31 août, près d’une personne sur quatre se décrit toujours comme indécise. « Ce qui est différent, c’est que nous répartissons les indécis en leur demandant de répondre à une deuxième question, à savoir pour quel parti ils croient qu’ils voteront, même s’ils se considèrent toujours comme indécis. Leur choix n’est peut-être pas arrêté, mais ils peuvent tout de même avoir une petite idée », a souligné le sondeur.

« On peut également constater que la campagne a été un peu plate jusqu’à maintenant. Les électeurs n’ont pas encore eu beaucoup d’information sur les enjeux locaux », a ajouté Steve Pinkus, qui ne croit toutefois pas à un revirement majeur dans les intentions de vote.

La marge d’erreur du sondage de Mainstreet est de 4,2 %.