La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, a assuré que le gouvernement allait investir les sommes nécessaires pour diminuer de 20 % la consommation d’eau potable au Québec.

La CAQ veut réduire de 20 % la consommation d’eau potable au Québec

L’eau potable au Québec est disponible en abondance, mais avec les changements climatiques et la pollution, il faut la protéger. C’est pourquoi le gouvernement du Québec lance une nouvelle «Stratégie québécoise d’économie d’eau potable 2019-2025», dont l’objectif phare est de diminuer de 20 % la consommation d’eau potable au Québec. Mais sans dire combien cette stratégie va coûter.

Lors de la précédente Stratégie 2011-2017, le Québec a dépassé l’objectif fixé en diminuant de 26 % la quantité d’eau utilisée alors que la cible était de 20 %. Cependant, en 2015, les Québécois ont fait couler 573 litres d’eau par jour par personne. C’est 28 % supérieur à la moyenne canadienne et 55 % plus élevé qu’en Ontario.

La stratégie 2019-2025 a pour objectif de diminuer de 20 % la quantité d’eau distribuée par personne par rapport à 2015, soit atteindre le chiffre de 458 litres. Les municipalités devront fournir un bilan annuel, et mettre des actions en place pour contrôler les pertes d’eau et la consommation d’eau des citoyens et des entreprises. 

Ces mesures auront un coût. «Des milliards de dollars», selon le PDG du Réseau Environnement, Jean Lacroix. Interrogée là-dessus, mardi, la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest a été incapable d’avancer un chiffre, mais elle a assuré que le gouvernement allait investir les sommes nécessaires. «On va avoir les montants pour corriger les fuites d’eau au Québec. Le réseau d’aqueducs est désuet. On doit agir, avant qu’il y ait des catastrophes», a-t-elle insisté. 

La ministre Laforest n’a pas voulu s’avancer non plus si la redevance très basse imposée aux compagnies d’eau en bouteille qui puisent leur eau à même la nappe phréatique du Québec pourrait être augmentée pour financer cette stratégie. «Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a un comité qui se penche sur la question», a-t-elle affirmé.

La ville en contrôle

Quel que soit le financement, à Québec, on est prêt, a assuré la conseillère Suzanne Verreault, responsable des dossiers environnementaux au comité exécutif. «La Ville de Québec s’occupe très bien de ses infrastructures. On a investi près de 1,6 milliard au cours des dix dernières années. Le rattrapage, on l’a débuté depuis longtemps. Si on nous annonce qu’on a des sommes supplémentaires pour améliorer notre réseau d’eau potable et notre système d’eau usée, ça sera une très bonne nouvelle.» Depuis 2006, la population de la ville de Québec a augmenté de 50 000 personnes alors que la consommation d’eau a baissé de 13 %.

L’Union des municipalités du Québec pour sa part a approuvé la nouvelle stratégie, mais son conseil d’administration a adopté en février une résolution pour réclamer un cadre financier à la clé.