Power Corporation a fait connaître il y a quelques semaines sa volonté de se départir de La Presse et d'en faire un OSBL, mais il faut, pour ce faire, modifier une vieille loi qui date des années 60.

Journal La Presse: l'opposition pose son veto à des changements rapides

L'opposition à l'Assemblée nationale pose son veto à l'adoption rapide d'une modification législative qui permettrait à La Presse de devenir un organisme sans but lucratif (OSBL).

La haute direction de La Presse a pourtant plaidé l'urgence d'agir mardi, parce qu'en raison des élections à venir, les changements réclamés ne pourraient être adoptés que l'an prochain et entre-temps, les revenus publicitaires sont de plus en plus accaparés par Facebook et Google.

Power Corporation a fait connaître il y a quelques semaines sa volonté de se départir du média et d'en faire un OSBL, mais il faut, pour ce faire, modifier une vieille loi qui date des années 1960.

Pour procéder rapidement avant la fin de la session parlementaire le 15 juin, il faut un accord de tous les députés, mais le Parti québécois et la députée Martine Ouellet mettent du sable dans l'engrenage.

En conférence de presse, le chef péquiste Jean-François Lisée s'est dit «très, très déçu», parce qu'il veut des garanties sur l'indépendance du média dans sa future gouverne par rapport à Power Corporation, ce qu'il n'a pas obtenu.

«On nous dit : "On voudrait un modèle qui va faire en sorte qu'il va y avoir des crédits d'impôt et que donc, les contribuables québécois et l'État québécois vont soutenir notre entreprise", bien oui, on a raison de s'en mêler. Puis, à partir du moment où ils nous disent : "ce sera indépendant de la famille Desmarais", bonne nouvelle, mais ça ne sera pas vraiment indépendant, mauvaise nouvelle.»

En mêlée de presse après une rencontre avec les partis, l'éditeur de La Presse, Guy Crevier, a insisté sur l'importance d'agir rapidement, en raison des contraintes du calendrier parlementaire et électoral.

«Il n'y a pas si longtemps, Google et Facebook contrôlaient 50 % des revenus publicitaires numériques, ils en contrôlent aujourd'hui 80 %, quelques années plus tard, a fait valoir M. Crevier. Une année dans le monde des médias, aujourd'hui, c'est une éternité. Il y a deux grands géants américains qui sont en train de détruire complètement le modèle québécois et le modèle canadien.»

Pour sa part, le leader parlementaire du gouvernement Couillard, Jean-Marc Fournier, est prêt à procéder rapidement, puisqu'à la fois la direction et les syndiqués de La Presse le réclament.