Il y a quelques semaines, alors qu’il était encore membre du gouvernement de Philippe Couillard, le député de Beauce-Sud, Paul Busque (à gauche), se disait confiant de voir naître un «pôle d'expertise» pour les municipalités incessamment.

Infrastructures municipales: un projet qui a du plomb dans l’aile

Le projet de créer un «pôle d’expertise» pour permettre à des centaines de municipalités québécoises d’être moins à la merci des grandes firmes d’ingénierie a du plomb dans l’aile. Il n’est plus du tout certain qu’il sera créé.

Il y a quelques semaines, alors qu’il était encore membre du gouvernement de Philippe Couillard, le député de Beauce-Sud, Paul Busque, se disait confiant de voir naître ce «pôle» incessamment. Il ne restait plus que quelques étapes de validation, semblait-il.

Dans un rapport que lui avait commandé l’an dernier le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, sur les programmes d’aide en infrastructures du gouvernement du Québec, M. Busque recommandait en février «le déploiement d’un pôle d’expertise en gestion contractuelle municipale».

Il observait que la plupart des municipalités québécoises disposent de ressources financières et humaines limitées et qu’elles «souhaiteraient être aidées à orienter les consultants vers les bons choix techniques et les meilleures pratiques de gestion». Il notait que leur capacité de gérer des projets d’infrastructures faisait souvent défaut.

D’où sa recommandation de mettre sur pied un «pôle d’expertise en gestion contractuelle» auquel les municipalités pourraient faire appel. Le ministre Coiteux avait appuyé ses recommandations.

Sur les 1133 municipalités que compte le Québec, 929 ont moins de 5000 citoyens. Paul Busque n’a pas répondu aux appels du Soleil mercredi.

Le document du député faisait aussi valoir que les programmes d’aide en infrastructures du ministère des Affaires municipales du Québec nécessitaient un coup de balai. Il faisait état de nombreuses lourdeurs.

Aux assises de l’Union des municipalités du Québec, la semaine dernière, Martin Coiteux a annoncé la mise en place de programmes gouvernementaux plus souples et plus simples. Le nombre de programmes devrait passer de 15 à 3. Les vérifications administratives devraient par ailleurs être réduites.

«Il n’y aura plus que trois programmes. Ils seront plus souples et il sera plus facile de s’y retrouver», a déclaré M. Coiteux, qui ne sollicitera pas de prochain mandat électoral.

Au début du mois, Paul Busque s’est retiré du caucus du Parti libéral du Québec. Il siège désormais comme député indépendant — de façon temporaire, espère-t-il. La Commissaire à l’éthique et à la déontologie a ouvert une enquête à la suite d’informations selon lesquelles il aurait embauché sa nièce et tenu des activités partisanes à son bureau de circonscription — un bureau qui est payé par l’Assemblée nationale. Officiellement, l’enquête concerne de «possibles manquements» relatifs à l’utilisation des biens et des services de l’État, ainsi qu’à des situations de conflits d’intérêts.