Un hélicoptère Bell 412EPI

Hélicoptères: les Philippines essaient de rassurer le Canada

MANILLE, Philippines - Le ministre philippin de la Défense a promis jeudi que l’armée de son pays n’utilisera pas 16 hélicoptères achetés du Canada pour attaquer des insurgés, comme le craignent des dirigeants canadiens qui ont ordonné un nouvel examen d’un contrat de vente conclu entre Bell Helicopter et Manille.

Delfin Lorenzana a dit que le gouvernement philippin achètera ses hélicoptères ailleurs si le Canada décide d’annuler la vente des appareils Bell 412EPI, qu’il compte utiliser pour transporter des marchandises et des soldats, notamment ceux blessés au combat, et pour répondre à des catastrophes.

M. Lorenzana a expliqué par voie de communiqué qu’il ne s’agit pas d’appareils «de combat ou d’appui aérien rapproché».

Contrairement à ce que certains croient «erronément», a-t-il dit, la mission de cet hélicoptère est de «sauver des vies».

L’examen du contrat a été annoncé mercredi par le ministre du Commerce international François-Philippe Champagne, alors que des organisations humanitaires et les néo-démocrates commençaient à tirer la sonnette d’alarme.

Lors d’une mêlée de presse dans le foyer de la Chambre, il a affirmé qu’à l’époque où le contrat entre Bell Helicopter et le gouvernement philippin avait été paraphé, en 2012, «les faits indiquaient» que les appareils devaient être utilisés à des fins de recherche et de sauvetage.

Mais de récents propos d’un militaire philippin «indiquant autrement» ont fait sourciller le gouvernement, qui a demandé à la Corporation commerciale canadienne (dont le mandat inclut la vente de biens militaires à d’autres pays) de se pencher sur la question, a dit M. Champagne.

Le major général Restituto Padilla, chef des plans militaires des Philippines, a confié à Reuters que les 16 hélicoptères seraient utilisés pour les «opérations militaires de sécurité interne», en plus des missions pour aider les sinistrés et faire des sauvetages.

L’armée philippine dispose d’hélicoptères de combat, mais les nouveaux appareils ne seront pas armés, a toutefois déclaré jeudi le major général Padilla.

Les hélicoptères sont construits dans une usine de Mirabel, dans les Laurentides, qui emploie 900 personnes. Le contrat est confidentiel, mais le gouvernement des Philippines aurait mis de côté près de 300 millions $ pour se munir de nouveaux appareils.