La ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre, Geneviève Guilbault

Geneviève Guilbault présente ses excuses

La ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre, Geneviève Guilbault, a présenté ses excuses à des ex-employés de son cabinet mercredi, mais l’opposition demande néanmoins sa tête.

Lundi, elle s’était vantée d’avoir congédié des membres de son personnel politique pour incompétence, ce qui a suscité un tollé notamment dans l’opposition. Manque de «coeur» et de «savoir-vivre», a dénoncé la députée libérale Christine St-Pierre.

Geneviève Guilbault s’est trouvée à briser une règle non écrite selon laquelle on ne doit pas dénigrer son personnel publiquement, selon le Parti libéral (PLQ), qui exige qu’on lui retire des responsabilités.

En mêlée de presse mercredi matin avant de se rendre à la séance du conseil des ministres, Mme Guilbault, a admis : «J’aurais dû employer d’autres termes et je m’excuse si cela a pu offenser des gens.»

Des médias ont rapporté des remarques très dures qu’elle a formulées en privé, mais la ministre a démenti en partie ces affirmations. Quatre personnes ont quitté le cabinet de Mme Guilbault depuis le printemps, dont son chef de cabinet.

«Je n’ai jamais employé de termes inconvenants à l’endroit de mes employés», a-t-elle déclaré, avant de se faire demander par un journaliste qui citait une des remarques rapportées : «Est-ce que le mot Christ de péquiste est inconvenant?»

«Non, j’ai toujours eu un traitement respectueux envers mes employés», a-t-elle répondu. Une des employées qui s’estimait lésée par les affirmations de la ministre, Jacqueline Aubé, a accepté les excuses de la ministre.

«Cela prend du courage pour admettre ses torts et s’excuser, je l’en remercie, a-t-elle écrit. Quant à moi, le dossier est clos.»

Démission réclamée

L’opposition officielle réclame que Mme Guilbault paie pour cette faute. Selon le chef intérimaire du Parti libéral, Pierre Arcand, le premier ministre François Legault doit retirer le portefeuille de la Sécurité publique à Geneviève Guilbault.

Il estime qu’elle est en pleine crise parce qu’elle en a trop sur les épaules, avec son rôle de vice-première ministre, de ministre de la Sécurité publique et ministre responsable de la Capitale nationale.

«Clairement, la ministre ne semble pas être capable de faire le travail», a-t-il lancé en impromptu de presse à Bromont, où se tient le caucus présessionnel du PLQ.

«On a le droit de se poser la question si c’est la bonne personne pour gérer la situation aujourd’hui», a renchéri sa collègue Dominique Anglade.

«Je pense que Mme Guilbault va certainement apprendre de tout ce qui est sorti cette semaine, a-t-elle poursuivi. Quand on entend plus parler de ton cabinet qu’on entend parler des fonctions que tu occupes, c’est là le problème.»

De son côté, Gaétan Barrette s’attend à ce que les déclarations de Mme Guilbault sur l’incompétence de ses employés fassent l’objet de «poursuites».

«Si ces propos-là ne sont pas diffamatoires, je ne sais pas ce que ça prend», a-t-il soutenu.

Le problème de l’UPAC

Par ailleurs, M. Arcand a accusé le gouvernement Legault de rester les bras croisés devant les nombreux problèmes des corps policiers au Québec.

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) est sans chef permanent depuis que Robert Lafrenière a annoncé sa démission le 1er octobre 2018, jour de l’élection provinciale.

La Sûreté du Québec (SQ) est également sans chef permanent depuis que son directeur Martin Prud’homme a été relevé de ses fonctions il y a sept mois pour des motifs encore inconnus.

«Je pense qu’il y a des problèmes de gestion et on a une ministre qui est aux prises dans son cabinet, visiblement, avec énormément de problèmes», a déclaré Pierre Arcand.