Après le drame de la fillette de Granby, le premier ministre François Legault a proposé la création d’une commission transpartisane, mais selon la libérale Hélène David, il y a peu de collaboration.

Fin de session tendue entre libéraux et caquistes

Rien ne va plus entre les libéraux et les caquistes, à trois semaines de la fin de la session parlementaire.

Les deux partis sont à couteaux tirés sur deux dossiers majeurs, soit l’immigration et la création d’une commission spéciale sur la protection de la jeunesse, appelée communément Grandir dans la dignité.

Mardi, la porte-parole libérale en matière d’immigration, Dominique Anglade, a posé trois conditions au gouvernement afin de souscrire à l’adoption du projet de loi 9 réformant le système d’immigration au Québec.

«Niaisage»

Piqué au vif par la sortie de Mme Anglade, le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a aussitôt répliqué en dénonçant la «menace» des libéraux de bloquer les travaux parlementaires. Il les a accusés de faire du «niaisage».

Grâce au projet de loi 9, le gouvernement veut modifier les règles de sélection des immigrants, pour assurer une meilleure adéquation entre les compétences professionnelles des requérants et les besoins du marché du travail.

Mme Anglade a dit que son parti appuiera la pièce législative à condition que le gouvernement s’engage à ce que les 18 000 dossiers d’immigration en attente soient tous traités et que les articles qui prévoyaient leur annulation soient retirés du projet de loi.

Dans un deuxième temps, l’opposition officielle demande l’abolition des conditions à la résidence permanente et la publication des détails du fameux «test des valeurs» de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Enfin, le gouvernement doit faire «disparaître» le fardeau administratif supplémentaire qui est imposé aux entreprises, juge le Parti libéral du Québec (PLQ).

Les libéraux disent s’attendre à ce que le projet de loi 9 facilite la vie des entrepreneurs qui embauchent de nouveaux arrivants.

Bisbille autour de Grandir dans la dignité

Dans les corridors de l’Assemblée nationale, libéraux et caquistes se renvoyaient la balle par médias interposés.

La députée libérale en matière de services sociaux, Hélène David, a suggéré que le gouvernement pêche par excès de partisanerie dans le dossier de la protection de la jeunesse.

Le 3 mai dernier, le premier ministre François Legault a proposé la création d’une commission transpartisane après le drame de Granby où une fillette aurait été victime de négligence parentale.

Le gouvernement a depuis choisi seul la présidente de la commission, Régine Laurent, ainsi que les vice-présidents.

«Le problème fondamental, c’est qu’on ne part pas de la même définition de ce que c’est la transpartisanerie, a déploré Mme David en mêlée de presse. La réponse qu’on nous fait beaucoup c’est : “Écoutez, c’est la prérogative gouvernementale”.»

«Pour nous la transpartisanerie, c’est plus de coconstruire ensemble», a-t-elle ajouté.

Mme David a indiqué que son parti pourrait ne pas participer à l’annonce gouvernementale, mercredi, officialisant le mandat de cette commission.