À l’origine, les deux traversiers devaient être livrés et mis en exploitation en 2015. Ils sont toujours au chantier. L’un sera finalement livré dans les semaines à venir, tandis que l’autre le sera dans les prochains mois.

Explosion du coût des deux traversiers: un rapport de la VG... après les élections

Le bureau de la Vérificatrice générale se penchera sur la gestion de la Société des traversiers du Québec, notamment celle entourant les contrats qu’elle a octroyés pour la construction des deux futurs navires qui relieront Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine. Mais ce n’est pas avant la prochaine législature que son rapport sera déposé à l’Assemblée nationale.

Le caquiste Donald Martel déplore cette situation. Il dénonce le fait que le gouvernement de Philippe Couillard ait trop attendu pour inviter l’équipe de la Vérificatrice générale Guylaine Leclerc à s’emparer de ce dossier; qu’il n’ait pas acquiescé dès mars 2016 à la requête qu’il avait lui-même faite de la mandater «dans les plus brefs délais». C’est au printemps 2017 que le ministre Laurent Lessard l’a finalement fait. Il était alors titulaire des Transports.

On savait depuis assez longtemps que la construction des deux futurs traversiers qui relieront Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine dépasserait les 125 millions $ prévus en 2011. Mais personne n’imaginait que la facture finale s’élèverait à 324 millions $, comme le rapportait Le Soleil samedi. La ministre de l’Économie, Dominique Anglade, devrait confirmer cette somme sous peu.

L’information qui circulait jusqu’à présent voulait que le coût de ces navires construits au Chantier maritime Davie tourne autour de 250 millions $, ce qui était déjà deux fois plus que prévu.

À l’origine, les deux traversiers devaient être livrés et mis en exploitation en 2015. Ils sont toujours au chantier. L’un sera finalement livré dans les semaines à venir, tandis que l’autre le sera dans les prochains mois.

«Projets à venir»

En février, de passage à l’Assemblée nationale, la Vérificatrice Guylaine Leclerc a glissé que la Société des traversiers du Québec fait partie des «projets à venir» de son organisation. Elle n’en a pas dit plus. Ce jour-là, l’intérêt des députés, qui questionnaient Mme Leclerc, portait beaucoup sur le fait que son bureau perdait du personnel.

Ce mandat sur la Société des traversiers n’apparaît toutefois pas dans les listes des rapports à venir de l’organisation. Ni dans celle du printemps ni dans celle de l’automne prochain. Celle du printemps est complète, mais sans doute pas celle de l’automne. Sera-t-il inscrit dans celle du printemps 2019?

De toute façon, lorsque ce rapport sera déposé à l’Assemblée nationale, les élections seront passées, se désole le caquiste Donald Martel. Il croit qu’il en aurait été autrement si la demande avait été faite plus tôt et plus formellement.

L’été dernier, le ministère de l’Économie a récupéré la gestion du contrat des deux navires en lieu et place de la Société des traversiers du Québec, qui ne parvenait plus à s’entendre avec la Davie sur la suite des choses. Une équipe du ministère a alors été mandatée pour superviser les travaux, tenter de maîtriser le plus possible les coûts finaux et s’assurer que les millions dépensés allaient tous à la construction, rappelions-nous samedi.

Il appert que c’est en raison d’une mauvaise évaluation des coûts à l’origine, mais aussi des besoins, ainsi qu’en raison de nouvelles exigences décidées en cours de route, que la facture pour la construction des deux futurs traversiers est finalement près de trois fois plus élevée que celle qui avait été prévue.