Elizabeth May cède sa place de leader du Parti vert du Canada. Jo-Ann Roberts devient leader par intérim.

Elizabeth May quitte la direction du Parti vert [VIDÉO]

OTTAWA — Elizabeth May tire sa révérence comme leader du Parti vert, mais ne s’éloigne pas trop.

Celle qui a dirigé le parti depuis 2006 demeure leader parlementaire de son parti et prévoit se présenter à nouveau aux prochaines élections. Elle planifie même une candidature pour la présidence de la Chambre après ces prochaines élections.

En attendant, Mme May se réjouit de pouvoir travailler en trio, elle qui a réussi, pour la première fois, à faire élire trois députés verts aux Communes. Elle estime d’ailleurs qu’elle cède la place à un bon moment; les verts ont obtenu 6,5 % des votes au pays et ils ont doublé le nombre de votes au Québec.

«C’était ce qu’il y a de mieux pour le parti. Je suis convaincue que c’est aussi ce qu’il y a de mieux pour moi, personnellement. Et j’ai promis à [ma fille] Cate», a-t-elle dit pour expliquer pourquoi elle cédait la place maintenant.

Jo-Ann Roberts devient leader par intérim. Mme Roberts dirigera le parti jusqu’à l’élection du prochain chef, le 4 octobre 2020, à l’issue d’un congrès du parti à Charlottetown. Elle est une ancienne journaliste de la CBC au Nouveau-Brunswick, candidate défaite à Halifax aux élections d’octobre dernier.

Les deux autres députés verts élus le mois dernier — Jenica Atwin à Fredericton et Paul Manly sur l’île de Vancouver —, présents à la conférence de presse de Mme May, lundi à Ottawa, ont indiqué qu’ils n’étaient pas, pour l’instant, intéressés à se présenter au poste de leader.

Mme Roberts n’aura pas le droit de se présenter à la chefferie puisqu’elle aura occupé le poste de chef par intérim.

Daniel Green, leader adjoint au Parti vert, aussi présent, n’a pas, lui non plus, levé la main.

Bilinguisme du prochain leader

«Je pense que c’est essentiel d’avoir un chef bilingue», a convenu Mme May en parlant de son successeur.

Alors, est-ce que sa faible maîtrise du français, qui lui a nui au Québec, doit servir de leçon pour le choix du prochain chef vert? Mme May a eu l’air franchement étonnée d’entendre la question.

«Je pense que ce n’est pas un problème. C’est la première fois que j’écoutais ça [sic] que c’est un problème au Québec», a-t-elle dit à propos de la qualité de son français.

M. Green a félicité Mme May pour ses efforts en français et a souligné «l’imperfection du français» des autres chefs de parti. Ce qui ne l’a pas empêché d’identifier clairement ses attentes pour le prochain chef.

«Je pense qu’en 2020, ne pas être parfaitement bilingue comme chef de parti, c’est un non-sens. Rendu où on est dans notre histoire, je pense que la plupart des candidats et des candidates [à la direction] vont le comprendre», a-t-il déclaré.


« C’était ce qu’il y a de mieux pour le parti. Je suis convaincue que c’est aussi ce qu’il y a de mieux pour moi, personnellement. Et j’ai promis à [ma fille] Cate »
Elizabeth May

Au cours des prochains mois, la députée May continuera de réclamer des gestes concrets face à la crise climatique. «On ne peut pas laisser croire que de marcher dans un défilé constitue une action pour le climat», a-t-elle dit à propos de la manifestation à laquelle Justin Trudeau s’est joint à Montréal, le 27 septembre dernier.

Elle exige des changements immenses parce qu’«en 2023, il sera trop tard pour faire ces changements». «Il n’est pas trop tard maintenant», a-t-elle insisté.

Mme May dirigeait le Parti vert depuis 2006 et était devenue la première députée verte élue à la Chambre des communes, en 2011.

Invitée à dire ce qu’elle croit laisser comme héritage politique, elle a répondu : «Je n’ai pas encore fini.»