Si le vote électronique fonctionne au niveau scolaire, ce mode de votation pourrait s’étendre aux autres ordres de gouvernement, note le président de la Fédération des commissions scolaires, Alain Fortier.

Élections scolaires: le vote électronique en place dès 2020, dit la FCSQ

Le vote électronique sera en place dès 2020 à l’occasion des prochaines élections scolaires, croit la Fédération des commissions scolaires (FCSQ). Québec prévoit repousser les élections scolaires à 2020, ce qui permettrait du même coup de lancer une réflexion sur l’instauration d’un mécanisme de vote électronique.

«Nous, on est prêts à être les premiers. On est prêt et on le demande», a annoncé en entrevue au Soleil le président de la FCSQ, Alain Fortier. 

«Il y a une discussion qui est en cours avec l’ensemble des partis politiques. Étant donné la proximité avec le scrutin provincial, mais surtout avec l’intention de plusieurs parlementaires et des commissions scolaires de vouloir réfléchir à un mode de votation électronique qui pourrait favoriser la participation aux élections», le gouvernement évalue la possibilité de repousser le prochain scrutin scolaire à 2020, a expliqué le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, jeudi. 

Tous les partis à l’Assemblée nationale auraient manifesté leur appui à la proposition, confirme-t-il, précisant que seul Québec solidaire n’avait pas transmis pour l’instant une réponse.

Calendrier conflictuel

Le prochain scrutin scolaire était prévu pour le mois de novembre, soit un mois à peine après les élections provinciales, le 1er octobre. 

«Du moment qu’on a vu qu’il y avait un conflit d’horaire entre deux exercices démocratiques, on a rapidement compris qu’on serait dans le pétrin si notre exercice se tenait tout de suite après celui du provincial», a expliqué Alain Fortier. 

Celui-ci a ajouté qu’il discutait avec le ministère de l’Éducation de la possibilité de repousser les élections scolaires depuis son entrée en poste, il y a environ un an. 

La FCSQ réclame depuis longtemps de joindre les élections municipales et scolaires afin d’augmenter la participation. Puisque cette option n’a jamais été retenue, dit M. Fortier, «on s’est tourné vers une modernisation de la participation citoyenne». 

«Si on est capable de le faire au niveau scolaire comme projet pilote, probablement que l’ensemble des municipalités, l’ensemble de la province, pourra aussi profiter de ce mode de scrutin là», a observé le président de la FCSQ.

Si le vote électronique fonctionne au niveau scolaire, note M. Fortier, ce mode de votation pourrait s’étendre aux autres ordres de gouvernement. 

Le vote électronique permettra une augmentation de la participation, croit-il, mais la communauté devrait se mobiliser autour de ses institutions scolaires. 

«Si on continue à dénigrer en même temps qu’on développe, il y a quelque chose qui ne va pas», a ajouté M. Fortier, pointant la Coalition avenir Québec, qui milite pour l’abolition des commissions scolaires. 

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UNE IMPORTANCE RECONNUE

«Je n’ai pas l’habitude d’être un pessimiste», a réagi le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Alain Fortier, sur la possibilité que le prochain gouvernement soit formé par la Coalition avenir Québec (CAQ). 

La CAQ souhaite abolir les commissions scolaires, mais M. Fortier «n’a pas peur» et est sûr que la population québécoise est consciente de l’importance des commissions scolaires. 

M. Fortier a rappelé qu’il y a deux ans, le gouvernement avait soumis un projet sur la réforme de la gouvernance scolaire. Les commissions scolaires s’étaient alors opposées aux mesures avancées par le ministre, qui a finalement abandonné son projet. 

«On va continuer à travailler en dialogue avec tous les partis politiques et on prendra acte de ce qui se passera au mois de novembre», a avancé M. Fortier. «On va continuer à expliquer l’importance de la démocratie scolaire au Québec», a-t-il conclu.