Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, de Québec solidaire, à l’hôtel-musée des Premières Nations de Wendake, à Québec, mardi
Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, de Québec solidaire, à l’hôtel-musée des Premières Nations de Wendake, à Québec, mardi

Deuxième vague: une part du blâme à Legault, selon Québec solidaire [PHOTOS]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
«En disant que la seule défaite qu’on avait vécue s’est déroulée dans le CHSLD, le premier ministre envoyait le message qu’à l’extérieur, ç’a bien été. Ç’a créé un faux sentiment de sécurité. Et aujourd’hui, il y a du relâchement et on se retrouve à quelques heures d’une seconde vague», a déclaré Manon Massé, mardi.

Les députés de Québec solidaire (QS) se réunissent à l’hôtel-musée des Premières Nations de Wendake, à Québec, mardi et mercredi. Y tiennent leur caucus préparatoire en vue de l’ouverture de la session parlementaire, le 15 septembre.

Dans un point de presse en compagnie de son co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois, la cheffe parlementaire de Québec solidaire a rejeté une partie de la faute de l’actuel regain de cas d’infection à la COVID-19 au Québec sur le premier ministre François Legault et son gouvernement.

«En disant [au printemps] qu’il y avait le Québec des CHSLD et le reste du Québec, M. Legault nous envoyait, nous induisait un faux sentiment de sécurité en nous disant que c’est dans les CHSLD que ça ne va pas bien, que le problème est là. Alors qu’aujourd’hui, on le sait, c’est partout!» a poursuivi Mme Massé.

«Il y a quelques minutes à peine [lors de son point de presse de Montréal, mardi], le ministre de la Santé nous parlait de la responsabilité que nous avons individuellement pour freiner le virus. J’en suis. À Québec solidaire, on prend nos responsabilités et on va continuer. Mais est-ce vraiment surprenant qu’il y ait un relâchement?» questionne la meneuse solidaire.

«Il y a eu l’été et on sait qu’au printemps et en été, les Québécois aiment se rassembler. Mais dans son bilan, le gouvernement du Québec a clairement dit que le problème était dans les CHSLD et que le reste, ç’a bien été. C’est ça qui a induit un faux sentiment de sécurité. Le gouvernement doit être très transparent sur les décisions qu’il prend et ne doit pas envoyer un double message», tranche Mme Massé.

Les députés de Québec solidaire (QS) se réunissent à l’hôtel-musée des Premières Nations de Wendake, à Québec, mardi et mercredi.

Les quatre «lignes rouges»

La crainte d’une deuxième vague d’infection cohabite avec la nécessité d’une relance économique. Le gouvernement Legault a déjà annoncé que son projet de loi 61 pour accélérer les chantiers d’infrastructures, projet de loi rejeté par les oppositions en juin, renaîtra cet automne sous une nouvelle forme.

«Si la CAQ [Coalition avenir Québec] nous demande de signer un autre chèque en blanc, ils vont se faire dire non une deuxième fois, prévient M. Nadeau-Dubois. Et aujourd’hui, je veux être très clair sur les lignes rouges qui sont celles de Québec solidaire. Québec solidaire est prêt à collaborer avec la CAQ pour adopter rapidement un projet de loi de relance à quatre conditions claires et non négociables.

«Pas d’attaque à la démocratie, pas de retour à la corruption, pas de raccourci environnemental et des infrastructures pour tout le monde. Surtout pour les familles qui ont vécu de plein fouet les conséquences de la première vague. C’est nos conditions!» énumère le solidaire Nadeau-Dubois.

Pas question pour QS d’accepter une prolongation indéfinie de l’état d’urgence sanitaire, situation qui doit «demeurer l’exception» et qui «n’a rien à voir avec la relance économique», souligne M. Nadeau-Dubois.

«Si CAQ veut accélérer la crise climatique en essayant de régler la crise économique, on n’aura pas avancé et Québec solidaire va se mettre sur son chemin», poursuit-il, détaillant les quatre conditions solidaires.

Il faudra aussi que «la question du logement social fasse partie du projet de relance de la CAQ, insiste le co-porte-parole et leader parlementaire de QS.

Les député de Québec solidaire Vincent Marissal et Sol Zanetti

Anglade «a des croûtes à manger»

La semaine passée, au terme de son caucus présessionnel, c’était au tour du Parti libéral du Québec (PLQ), mené par sa nouvelle cheffe Dominique Anglade, de s’affirmer progressiste et de mettre l’environnement de l’avant.

«Il ne faut jamais oublier que le Parti libéral a gouverné durant les 15 dernières années et nous a amené là où nous sommes en matière environnementale, en matière de santé, en matière de conditions de travail dans la santé publique. Le salaire minimum n’est toujours pas à la hauteur de ce qu’il devrait être. Alors moi, si Mme Anglade veut jouer dans ce film-là, elle a beau, mais elle a des croûtes à manger», a répondu Mme Massé, sur l’entrée du PLQ en terrain solidaire.

Sujet sur lequel M. Nadeau-Dubois n’a pu s’empêcher d’ajouter son «grain de sel», comme il l’a lui-même dit. «Ce qui m’a amené en politique, c’est la lutte sociale contre l’austérité du Parti libéral. Le Parti libéral, c’est le parti de l’austérité, du pétrole et de la corruption. Il n’a aucun point commun avec Québec solidaire. La petite couche de vernis progressiste que tente d’apposer Mme Anglade, il n’y a aucun Québécois sérieux qui y croit», conclut celui que l’ex-chef politique devenu chroniqueur Mario Dumont imaginait pas plus tard que vendredi dernier prendre la tête des libéraux provinciaux dans une dizaine d’années.

Québec solidaire tiendra un conseil national ce samedi, 12 septembre, moment où les membres du parti dessineront les orientations des prochains mois.

Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé