Selon plusieurs organismes, le fait de donner à Steve Bannon une tribune pour exprimer des opinions extrêmes contribue à un climat de haine susceptible d'encourager la violence à l'égard de groupes marginalisés ou racialisés.

Des voix appellent à l'annulation de l'événement avec Steve Bannon à Toronto

TORONTO — Un débat au cours duquel Steve Bannon, l'ancien stratège controversé du président américain Donald Trump, doit défendre le populisme, vendredi à Toronto, est de plus en plus vivement critiqué, certains réclamant toujours l'annulation pure et simple de l'événement.

Des organismes communautaires et des politiciens fédéraux et provinciaux ont fait part de leurs préoccupations concernant cet événement au cours duquel M. Bannon débattra, avec le commentateur conservateur David Frum, du rôle du populisme pour l'avenir de la politique.

Dans la foulée de l'attentat meurtrier de samedi dans une synagogue de Pittsburgh, plusieurs organismes ont fait front commun, mardi, pour réclamer l'annulation de l'événement organisé dans le cadre des «débats Munk». Selon ces organismes, le fait de donner à M. Bannon une tribune pour exprimer des opinions extrêmes contribue à un climat de haine susceptible d'encourager la violence à l'égard de groupes marginalisés ou racialisés.

«Époque terrifiante»

Rachel Epstein, du groupe «United Jewish People's Order», a souligné que l'on traverse présentement une «époque terrifiante» marquée par des manifestations de haine et des gouvernements de droite élus un peu partout dans le monde.

Des néo-démocrates fédéraux et provinciaux ontariens ont également fait part de leurs préoccupations. Le député néo-démocrate fédéral Nathan Cullen a affirmé qu'il fallait s'efforcer de ne pas accorder de tribune pour propager la haine.

Les organisateurs du débat ont défendu la pertinence de l'événement, qui offrira selon eux une analyse précieuse sur un problème pressant.

«Nous estimons fournir un service public en permettant à leurs idées d'être vigoureusement contestées, et au public de tirer ses propres conclusions du débat», a soutenu le président des «débats Munk», Rudyard Griffiths, dans un communiqué.

«Dans nos sociétés de plus en plus polarisées, nous avons souvent du mal à voir au-delà des divisions idéologiques et morales. Un débat public civil et de fond sur les grands enjeux de notre époque nous aide tous à mieux comprendre les défis auxquels nous sommes confrontés en tant que société, et, possiblement ce qui peut être fait pour les résoudre.»