Maxime Fiset, consultant au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

Dépôt du mémoire d'un groupe d'extrême droite: un gros coup de pub

Maxime Fiset, consultant au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, estime que la Fédération des Québécois de souche (FQS) voulait d’abord faire un gros coup de publicité en déposant un mémoire à l’occasion de l’étude détaillée du projet de loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes.

«Les gens de la FQS savaient ce qu’ils faisaient. Ils sont en contact avec d’autres organisations du genre comme Casapound, en Italie, et ils testent des choses que ces organisations ont essayées. Leur but était de faire pénétrer leurs idées dans les médias traditionnels. C’est un gros coup de pub et de visibilité, car ces gens n’avaient pas vraiment l’intention d’influencer la démocratie québécoise, du moins je ne le crois pas», signale M. Fiset, qui était heureux de voir le mémoire disparaître suite à la décision unanime des membres de la Commission des relations avec les citoyens.

«Le retrait est satisfaisant, mais j’espère qu’ils adopteront des règles pour éviter qu’une telle situation se reproduise», poursuit-il, avouant qu’il avait été très surpris de voir le mémoire apparaître sur le site web de l’Assemblée nationale. «Sur le coup, la mâchoire m’est tombée, mais j’étais convaincu qu’il y aurait un consensus à l’Assemblée nationale comme de quoi ce mémoire n’a pas d’allure.»

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Maxime Fiset connaît bien la FQS, qu’il a lui-même fondée en 2007 avant de quitter quelques années plus tard le milieu néonazi. Il avait même été trouvé coupable de propagande haineuse et condamné à respecter une période de probation de deux ans en plus de réaliser 150 heures de travaux communautaires pour avoir administré le site Web de la FQS. «Je sais qui est derrière ça. Les personnes qui ont pris la relève de la FQS quand je suis parti sont encore là. La FQS a absorbé le gang skinhead dont je faisais partie, le Sainte-Foy Krew, et la revue néonazie Coups de Tête», a-t-il indiqué.


« La Fédération des Québécois de souche est une organisation suprémaciste blanche qui cherche à faire passer un discours suprémaciste blanc de la façon la plus «mainstream» possible. »
Maxime Fiset, consultant au Centre de prévention de la radicalisation

«La FQS est une organisation suprémaciste blanche qui cherche à faire passer un discours suprémaciste blanc de la façon la plus mainstream possible. Ils veulent gagner en visibilité. Mais sur la nature de l’organisation, il n’y a aucune ambiguïté possible. Aucune», poursuit-il au sujet de l’organisme d’extrême droite.

M. Fiset comprend qu’on ne puisse interdire à un individu de déposer un mémoire, mais estime que les règles pourraient être plus sévères pour les organisations. «Imaginez si les Hells Angels déposaient un mémoire en commission parlementaire! Dans le cas de la FQS, c’est quand même une organisation dont le fondateur a été condamné au criminel pour des gestes faits dans le cadre de ses fonctions», lance-t-il en faisant référence à ses crimes passés. «Les organisations devraient être obligées de montrer patte blanche en raison du risque que certaines tentent de se servir de l’Assemblée nationale pour propager leurs idées», termine M. Fiset.