Le ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime Bill Blair à Ottawa, mardi

De nouvelles restrictions sur les armes à feu... après les élections fédérales

OTTAWA - Le gouvernement Trudeau ne posera aucun geste pour restreindre davantage l’accès aux armes à feu d’ici l’élection d’octobre.

Le ministre fédéral Bill Blair a confirmé, mardi matin, qu’il ne donnera pas suite à la demande des villes de Toronto et de Montréal pour une interdiction des armes de poing. Tout au plus, le ministre serait prêt à permettre aux grandes villes d’imposer des restrictions supplémentaires pour l’entreposage des armes de poing chez elles.

«Une municipalité pourrait avoir des exigences supplémentaires (à la loi fédérale) sur où et si des armes à feu peuvent être entreposées dans les limites de son territoire», a dit le ministre à son arrivée à la réunion du cabinet, mardi matin.

Cette perspective effraie Polysesouvient.

«Une telle mesure serait non seulement inadéquate, compte tenu des risques, mais peu efficace. On n’a qu’à regarder le désastre flagrant résultant de la mosaïque de lois municipales, des états et fédérales au sud de la frontière», a argué la porte-parole du groupe, Heidi Rathjen.

Le ministre, lui, dit qu’il reconnaît ainsi qu’il y a de nombreux propriétaires d’armes de poing qui respectent les lois.

«Nous pourrions leur demander d’en faire plus», a-t-il toutefois offert.

Mais cet effort supplémentaire ne serait pas réclamé avant l’élection du 21 octobre.

«Certaines de ces choses devraient se faire par réglementation et par changement législatif et je pense qu’il est important non seulement de faire la bonne chose, mais aussi de prendre le temps de bien la faire», s’est-il justifié.

Le ministre Blair a également déclaré qu’il serait prêt à interdire complètement certaines armes d’assaut.

«Comment nous enlèverions ces armes de notre société, bénéficieraient-elles d’une clause grand-père ou aurions-nous un programme de rachat? Je pense que ça mérite un examen attentif et une discussion au parlement», a-t-il dit.

Et il ne reste plus assez de temps au parlement; les Communes ajournent leurs travaux à la fin de cette semaine et les élus ne doivent pas revenir à Ottawa avant le déclenchement des élections.

C’est en juillet dernier que la Ville de Toronto a demandé à Ottawa d’interdire les armes de poing. La Ville de Montréal a suivi son exemple un mois plus tard.

Samedi, le groupe Polysesouvient a publié un communiqué alors que le Globe and Mail rapportait les intentions du ministre Blair en ce qui touche les armes d’assaut.

«Pourquoi ne pas prendre des mesures maintenant?», demandait Mme Rathjen. «Les Canadiens ont besoin d’être convaincus que, cette fois, la promesse de se débarrasser des armes d’assaut, c’est plus que seulement des mots», écrivait-elle.