Le gouvernement Trudeau prévoit investir 3 milliards $ au cours de la prochaine décennie pour maintenir en service les vieux CF-18, en plus de quelques avions de combat australiens d’occasion, jusqu’à l’achat de nouveaux chasseurs.

De cinq à sept ans pour réunir assez de pilotes pour la transition des CF-18

OTTAWA — Les Forces armées canadiennes cherchent à sous-traiter certaines tâches d’entretien des avions de combat vieillissants CF-18, de même qu’une formation visant à remédier à la pénurie de techniciens expérimentés.

Des responsables de la défense ont révélé ce plan lors d’une réunion d’un comité de la Chambre des communes lundi, au cours de laquelle ils ont également défendu le temps nécessaire pour choisir un nouvel avion et ont été confrontés à des appels pour dévoiler le coût de la mise à niveau des systèmes de combat des CF-18.

La pénurie de techniciens a été révélée pour la première fois dans un rapport explosif du vérificateur général le mois dernier dans lequel il s’en prenait au projet des libéraux d’acheter des avions australiens d’occasion en prévenant que l’Aviation royale canadienne avait surtout besoin de davantage de techniciens et de pilotes.

Un certain nombre de mesures sont mises en place pour remédier à ces pénuries, a affirmé au comité le commandant de la force aérienne, le lieutenant-général Al Meinzinger, y compris la sous-traitance de travaux de maintenance plus complexes qui ont généralement lieu hors des lignes de front, ainsi que de la formation technique.

Ces initiatives doivent permettre de dégager environ 200 techniciens d’aéronefs expérimentés afin qu’ils puissent travailler directement sur les avions sur le terrain et les maintenir en vol, a dit M. Meinzinger, soutenant dans une entrevue après la réunion que cela n’affecterait pas la préparation générale au combat.

Soutien aux familles

Des mesures sont également mises en place pour mieux soutenir les familles de militaires, ce que le lieutenant-général a identifié comme étant un facteur clé expliquant le départ de nombreux pilotes et techniciens, tandis que l’armée de l’air étudie un nouveau modèle de formation pour produire davantage de pilotes.

Même avec ces mesures, M. Meinzinger a déclaré s’attendre à ce qu’il faille entre cinq et sept ans pour réunir un nombre suffisant de pilotes et de techniciens à temps pour commencer à faire la transition des CF-18 vers de nouveaux remplaçants ultramodernes.

Les représentants de la défense ont été confrontés à des questions pointues des députés des deux côtés de la table lors de la réunion du comité de lundi sur le temps requis pour que ces nouveaux remplaçants aux CF-18 soient sélectionnés et livrés.

Une demande de propositions sera publiée au printemps et les offres doivent être envoyées au début de 2020. Une autre année complète a été réservée pour évaluer ces offres et une autre pour les négociations avec le fournisseur choisi. La livraison du premier avion est prévue en 2025, et celle du dernier en 2031.

Patrick Finn, responsable des achats au ministère de la Défense, a souligné la complexité du projet de 19 milliards $, qui a souffert de retards et d’une mauvaise gestion politique depuis plus d’une décennie alors que le Canada cherchait à choisir un nouveau chasseur.

Mise à niveau de 3 G$

Des responsables de la défense estiment qu’ils sauront le printemps prochain quels capteurs, armes et autres mises à niveau seront nécessaires pour que les avions de combat CF-18 vieillissants du pays puissent encore effectuer des missions de combat jusqu’à leur remplacement.

Le gouvernement Trudeau prévoit investir 3 milliards $ au cours de la prochaine décennie pour maintenir en service les CF-18, en plus de quelques avions de combat australiens d’occasion, jusqu’à l’achat de nouveaux chasseurs.

Mais le vérificateur général Michael Ferguson a constaté le mois dernier que les montants prévus ne comprenaient aucune mise à niveau réelle des systèmes de combat des avions, qui n’ont pas été revus depuis 2008.

Des représentants de la défense ont affirmé à un comité de la Chambre des communes, lundi après-midi, qu’ils s’attendaient à avoir une idée d’ici le mois de mai du type de mises à niveau nécessaires. Des améliorations qui, selon des analystes, coûteront des centaines de millions, voire des milliards de dollars.